Micro-plastiques dans le foie des Anchois européens

Source: Microplastics in livers of European anchovies – Science Direct – Juillet 2017.

Traduction du résumé de l’étude.

On suppose que de nombreux organismes marins ingèrent des micro-plastiques puis les excrètent. Toutefois, plusieurs études sur des organismes marins de différentes familles ont montré que les micro-plastiques et les nano-plastiques peuvent se retrouver dans les autres organes. Dans cette étude, nous avons examiné la présence de micro-plastiques dans les foies de poissons planctonivores commercialisés collectés sur le terrain. Cette étude se concentre principalement sur l’Anchois européen Engraulis encrasicolus mais concerne aussi la Sardine européenne Sardina pilchardus et le Hareng de l’Atlantique Clupea harengus.

Deux méthodes complémentaires ont été utilisées pour attester de la présence de micro-plastiques dans les tissus hépatiques et pour éviter toute contamination. 1) Les micro-plastiques ont été isolés par dégradation des tissus hépatiques. 2) Des coupes cryogéniques ont été réalisées sur les foies puis observées au microscope à lumière polarisée. Les deux méthodes ont révélé de manière indépendante que les micro-plastiques, principalement en polyéthylène, étaient bien présents dans les foies des trois espèces de poissons.

Dans l’Anchois, 80% des foies contenaient des micro-plastiques relativement gros d’une taille allant de 124 μm à 438 μm, montrant un haut niveau de contamination. Deux voies de transfert sont hypothétiquement possibles: (i) les grosses particules trouvées dans le foie proviennent de l’accumulation de plus petits fragments et / ou (ii) elles passent simplement à travers la paroi intestinale. Des études plus approfondies sont toutefois nécessaires pour comprendre le mécanisme exact.

Utilisation de filets dérivants biodégradables pour réduire la pêche fantôme: propriété physique et performance de pêche.

Source: Use of biodegradable driftnets to prevent ghost fishing: Physical properties and fishing performance for yellow croaker – The Zoological Society of London – Février 2016.

Quand des filets de pêche synthétiques non biodégradables sont perdus, abandonnés ou jetés par dessus bord, ils peuvent continuer à attraper des poissons et d’autres animaux pendant une longue période. Ce phénomène est connu sous le nom de « pêche fantôme ». D’un autre côté, les filets de pêche biodégradables sont prévus pour se dégrader ou se décomposer après un certain temps dans l’eau et perdent ainsi leur capacité de pêche fantôme plus rapidement qu’un engin traditionnel. Un matériau biodégradable a été mis au point pour les filets: un mélange à 82% de succinate de polybutylène (polybutylene succinate – PBS) et de 18% de polybutylène adipate-co-téréphtalate (polybutylene adipate-co-terephthalate – PBAT).

Nous avons examiné les propriétés physiques et la dégradation des monofilaments et comparé les performance de pêche de filets dérivants fabriqués à partir de nylon conventionnel et de ce matériau biodégradables. Quand il est sec, le monofilament en nylon conventionnel a montré une plus grande résistance à la rupture et à l’élongation que le monofilament en nylon conventionnel du même diamètre. Quand il est mouillé, le monofilament biodégradable a montré une rigidité une fois et demi supérieure à celle du monofilament en nylon. Cela suggère qu’un filet fabriqué avec un fil biodégradable moins flexible pourrait avoir une efficacité de pêche réduite par rapport aux filets conventionnels.

Toute fois, la comparaison des performances de pêche entre les filets en nylon biodégradable et en nylon conventionnel a révélé des taux de prise similaires pour le Corbeau Jaune – Larimichthys polyactis.

Figure 8: Length distributions of yellow croakers caught in experimental driftnets.

Le fil biodégradable a commencé à être dégradé par les organismes marins après 24 mois dans l’eau.

Figure 7: The degradation process of the immersed biodegradable monofilament observed with a scanning electron microscope. Pictures show the degradation states at 6-month intervals up to 42 months.

Nous en avons conclu que les filets biodégradables pourraient devenir une alternative aux filets en nylon conventionnel et peuvent contribuer à réduire la pêche fantôme dans le temps.

Malgré tout, il subsiste des incertitudes, des challenges et des lacunes qui doivent être résolus avant que nous soyons capables de dresser des conclusions définitives à propos des bénéfices généraux que peuvent apporter ces matériaux pour la pêche au filets dérivants.

Les filets de pêche biodégradables ne sont pas la panacée mais peuvent contribuer à aborder le problème des filets fantômes.

Source: Wilcox, Chris & Hardesty, Britta. (2016). Biodegradable nets are not a panacea, but can contribute to addressing the ghost fishing problem. The Zoological Society of London – Février 2016.

Depuis des décennies, la capture d’animaux marins par les filets de pêche abandonnés, perdus ou jetés (ou filets fantômes) a été identifiée comme un problème majeur pour la conservation de l’environnement et des activités de pêche. Les filets fantômes soulèvent de nombreux problèmes comme la réduction des stocks d’espèces ciblées par la pêche, la mortalité d’espèces non ciblées dont certaines peuvent être protégées,  les risques pour la navigation causés par l’engagement des hélices des navires ou des équipements de pêche, ou encore les dépenses impliquées par le retrait de ces filets fantômes  qui peut être imposé aux agences publiques ou autres organisations. Kim et al. [une équipe de chercheurs coréens] étudient l’utilisation de polymères biodégradables comme une possible solution à ces problèmes pour la pêche passive des filets maillants et pour les filets trémail. Ces filets ont eu une efficacité de pêche très légèrement inférieure à celles des filets conventionnels en nylon lors des essais et ont montré des signes clairs de dégradation deux ans après leur introduction dans l’eau de mer.

Il est louable pour Kim et al. d’avoir développé un substitut au nylon pour les filets de pêche qui se dégrade jusqu’au monomère d’origine, ne laissant aucun résidu de matière plastique dans l’environnement. Cependant, il existe un nombre important de problèmes avec la solution qu’ils proposent, même avec les filets fantômes utilisés dans leur étude pilote en Corée:

Premièrement, le temps nécessaire à la dégradation de ces filets est probablement bien plus long que la durée pendant laquelle ils peuvent réellement continuer à pêcher. Une grande étude menée sur des pêcheries européennes au filet maillant a montré que les filets fantômes perdent leurs capacités de pêche rapidement, celle-ci diminuant de 20% dans les 4 semaines après leur perte en mer. Ceci est dû principalement aux dommages causés par les courants et les obstacles sur le fond et à l’encrassement causé les organismes qui s’y développent ou qui s’emmêlent dans le filet. Par conséquent, si un filet biodégradable ne montre pas de preuves significatives de dégradation dans les deux années suivant sa perte, sa biodégradabilité n’aura probablement qu’un faible impact sur ses prises d’espèces de poissons ciblées ou non.

Deuxièmement, les auteurs ne présentent aucune comparaison de la dégradation dans le temps par rapport aux filets conventionnels en nylon. Ils n’ont pas non-plus testé leur résistance à la tension ou d’autres caractéristiques pendant leur période de dégradation. Alors que Kim et al. présentent bien des images haute-résolution du matériau biodégradable montrant des preuves d’usure, globalement les fils du filet semblent presque intacts même après 3 ans et demi. Par conséquent, il semble que le filet biodégradable a une durée de vie effective en mer comparable à celle d’un filet en nylon conventionnel.

Troisièmement, l’adoption de ce filet par les pêcheurs représentera un obstacle important. Créer un filet qui commence à se dégrader une fois qu’il rencontre l’eau de mer entraînera une augmentation des coûts de la pêche car cela réduira la durée de vie des filets et augmentera les coûts d’entretient. Les pêcheurs sont parfaitement au courant de cela. L’une des plus fortes tensions que subissent les filets a lieu lors de leur remontée à bord et ils risquent de casser pendant ce moment délicat des opérations. Toute réduction de la durée de vie des filets amplifiera encore le coût des filets biodégradables ainsi que les lourdes charges financières déjà supportées par les pêcheurs. Les auteurs mentionnent que des subventions pourraient attirer les pêcheurs vers l’usage de filets biodégradables, mais souvent les subventions sont progressivement supprimées et fréquemment détournées vers des usages négatifs comme le sur-investissement ou la sur-capacité.

L’idée de filets biodégradables n’est pas sans mérites. Elle a besoin d’être intégrée dans un cadre plus large et Kim et al. a largement manqué l’opportunité d’articuler ce cadre pour montrer comment son innovation pourrait fournir une solution essentielle face au problème des filets fantômes. Il y a au moins trois composantes qui permettent de réduire les effets des filets fantômes:

Premièrement, s’assurer que les engins de pêche possèdent des équipements qui réduisent les chances de pertes peuvent réduire le problème de manière significative. Cela va des marqueurs comme des lumières, des émetteurs acoustiques sous-marins et des réflecteurs radar ou simplement un marquage des filets avec l’identité de son propriétaire.

Deuxièmement, des innovations qui permettent de réduire l’efficacité de pêche des filets quand ils sont perdus  peuvent réduire leur impact. Alors que les matériaux biodégradables pourraient jouer un rôle dans cette solution, la durée de dégradation proposée par le concept de Kim et ses collègues est bien trop longue puisque la majorité des impacts biologiques causés par les filets fantômes ont lieu dans les semaines ou les mois après leur perte. Une approche alternative pourrait être de mettre au point des filets qui se replient sur eux-même peu de temps après avoir été abandonnés, ceci réduisant leur taille et leur efficacité de pêche. Un avantage de cette approche est que cela n’entraîne pas de fragilisation du filet et en aucun cas n’augmenterait son coût. (e.g. Bilkovic et al., 2012).

Troisièmement, inclure des systèmes qui augmentent les chances de retrouver les filets peut permettre de les récupérer quand ils sont perdus. Des techniques de marquage peuvent encore une fois être utiles mais aussi des outils d’information basiques, comme la cartographie des engins perdus, peuvent mener à des améliorations significatives.  De nombreux pêcheurs au casier dans le monde ont mis en place des systèmes de récupération des équipements perdus, ce qui a, dans certains cas, prouvé que c’est économiquement rentable et autonome (e.g. Dungeness crab fishery in Oregon, USA; Arthur et al., 2014).

Dans un contexte où il y aurait un marquage des engins de pêche, engins qui seraient automatiquement inopérants après la perte, et pour lesquels les pêcheurs et la conception des engins contribueraient à la récupération des filets perdus, leur « bio-dégradation » aurait enfin un rôle précis. C’est dans ce contexte que les quelques de filets perdus qui ne seraient pas récupérés pourraient se dégrader et avoir un impact ainsi réduit.  Cela pourrait être essentiel dans un contexte où des dizaines de milliers de tonnes de filets de pêche sont perdus en mer chaque année, comme c’est le cas dans la zone coréenne de pêche au Corbeau Jaune.

OSPAR en quelques mots

La commission européenne OSPAR pour « la protection et la conservation de l’Atlantique du Nord-Est et de ses ressources » regroupe 15 pays et oeuvre depuis 1972. L’étude de l’impact des activités humaines sur les écosystèmes est au coeur de ses activités. Parmi les pressions exercées par l’homme, les déchets marins et le plastique ont été identifiés comme un indicateur permettant d’évaluer la qualité de l’eau à partir de données collectées sur les plages, sur le fond de l’eau et dans le système digestif du Fulmar Boréal.

La mise en oeuvre du protocole de surveillance des échouages de déchets sur les plages a débuté en 1998 dans la zone OSPAR et en France. Ce protocole qui comprend une méthodologie de ramassage et une nomenclature de tri et de décompte de déchets a été intégré dans une version plus détaillée en Juin 2015 par le Plan d’Action pour le milieu marin de la Directive Cadre « Stratégie pour le Milieu Marin » via le Programme de surveillance des déchets marins.

La mise en oeuvre de ce protocole de surveillance des échouages de déchets permet de mesurer l’évolution quantitative et qualitative des échouages et doit permettre la mise en place de mesures de réduction ciblées des déchets marins tout en mesurant leurs effets.

Depuis le début de l’année 2016, Sea-Mer Asso met en oeuvre ce protocole de surveillance des échouages de déchets sur plusieurs sites dans le Nord de la France. Les résultats sont régulièrement envoyés au CEDRE qui est le coordinateur national au sein de la commission OSPAR. Les résultats conformes à la nomenclature OSPAR sont disponibles en ligne sur le site de la base de données des déchets échoués de la commission (beach id  FRO15, FR016 et FR022).

 

Les membres de l’association Sea-Mer ont mis en oeuvre ce protocole en détaillant le tri et le décompte au delà de la nomenclature proposée par OSPAR et la DCSMM. Cette démarche permet une exploitation intéressante des résultats telle que les graphiques réalisés fin 2016 pour le site des Boucaniers à Wimereux (62). Cette démarche a également contribué à l’intégration de suivis additionnels en mettant en évidence l’émergence de certains types de déchets par rapport aux nomenclatures utilisées.

Deux sites ont été choisis par l’association sur la Côte d’Opale. Le premier site de la plage des Boucaniers à Wimereux permet d’avoir une vision sur les déchets présents dans l’eau à proximité immédiate du détroit du Pas-de-Calais. La morphologie du site est représentative des plages de galets et situées en pied de falaise que l’on peut retrouver entre Equihen et le Cap Gris-Nez. Le site de la plage du Mont Saint-Frieux permet d’avoir une vision des échouages de déchets sur une plage un peu plus « classique » formée de sable et de dunes. Ce type de morphologie se retrouve sur plusieurs dizaines de kilomètre de la Baie de Somme jusqu’à Equihen. Depuis le début de l’année 2017, nous accompagnons également l’association dunkerquoise Adèle dans la mise en oeuvre du protocole OSPAR. Il s’agit pour l’instant du seul site français situé en Mer du Nord.

Echouage d’une substance inconnue

Découverte le Vendredi 14 Juillet au Portel par un ornithologue chevronné, les échouages de galettes jaunes ont pris une ampleur effroyable pendant le week-end… entre Hardelot, Dannes, Ecault, Equihen et Le Portel, méritant d’être signalée dans la soirée du Dimanche 16 Juillet. C’est le troisième échouage d’une substance pouvant se solidifier dans l’eau constaté en moins d’un an sur la Côte d’Opale. Plusieurs tonnes ont été observées sur plus de 60 kilomètres de littoral.

LE 19/07 - NATURE DU PRODUIT DEVERSE :

Les analyses confirment que le produit déversé en mer
retrouvé sur les plages depuis le Vendredi 14 Juillet est 
bien de la paraffine.
Reste à savoir de quel type de paraffine il s'agit car 
certaines sont toxiques et reste à savoir si cette 
paraffine est Chlorée ou si elle contient des HAP car 
dans ce cas elle serait très polluante et 
nuisible pour l'environnement.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chloroalcane
LE 18/07 - INFO COMPLEMENTAIRE :
LE MEME ECHOUAGE A EGALEMENT ETE CONSTATE CE WEEK-END AUX 
PAYS-BAS A TEXEL, VIELAND ET TERSCHELLING.
http://www.omropfryslan.nl/nieuws/733374-paraffine-aangetroffen-op-strand-vlieland

Deux possibilités d'interprétation:
1) Cela peut être une pure coïncidence (interprétation prudente)
2) Le navire a commencé ses rejets d'un côté du détroit, a arrêté en passant dans cette zone très surveillée, puis a repris ses opérations de rejets après s'être éloigné du détroit...

Résumé des évènements

Un échouage de nombreux fragments jaunes ressemblant à de la paraffine industrielle nous a été signalé le 14 Juillet au Portel. Une autre observation de galettes jaunes a été faite dans l’estuaire du Wimereux le Dimanche 16 Juillet après-midi et dans le même temps des membres de l’association observaient de grandes traînées au large de Hardelot et Boulogne sur Mer.

Dans la soirée du Dimanche 16, suite aux différents témoignages reçus des plages et du larges, Sea-Mer Asso a signalé cette pollution au CROSS et à la DDTM.  Une reconnaissance vers Ecault et Dannes nous a permis de rendre-compte d’une première évaluation de l’étendue et de l’importance de la pollution auprès du CROSS Jobourg pendant la soirée. L’hypothèse d’un « dégazage sauvage » est immédiatement émise. L’association a également contacté le centre de veille du CEDRE à Brest pour demander des premiers renseignements sur cette pollution.

 

Dans la matinée du Lundi 17, nos observations permettaient de définir la limite sud de la pollution à Quend-plage puis dans l’après-midi vers le nord à Ambleteuse, l’Association étant toujours en contact la DDTM et le CEDRE et faisant remonter les informations reçues au fur et à mesure au CROSS Jobourg. Un échantillon est envoyé au plus vite au CEDRE pour analyse. En fin d’après-midi, nous apprenons avec joie la prise en main des opérations de nettoyage par la Préfecture. L’association continue à surveiller les échouages.

Nature du produit

Ces boulettes très friables n’ont qu’une très faible odeur caractéristique qui pourrait se rapprocher de celle de la paraffine industrielle et leur texture est légèrement différente de celle de la paraffine. Les galettes ne fondent pas au soleil comme le fait la paraffine. Elles ont la couleur de la mousse polyuréthane mais sont très éloignées de la consistance que peut avoir la mousse expansée que nous connaissons notamment dans le domaine du bâtiment. Les résultats des analyses seront connus Mardi 19.

 

Reconnaissance et prise en compte de la pollution

Nous reconnaissons que nous avons été longs à prendre en compte les premiers témoignages reçus. Nous avons pensé que la forte fréquentation des plages et la présence de maitres-nageurs, d’agents d’entretien des plages, etc … suffirait pour que l’éventuelle pollution soit relayée très vite. Ca n’a pas été le cas. Il semble qu’une formation des personnels intervenants sur les plages soit nécessaire et serait la bienvenue pour que de tels évènements soient signalés au plus tôt. Cela évitera que les enfants décorent leurs châteaux de sable avec de telles saloperies.

Comme cela se fait dans les autres pays européens et les autres plages françaises pour tous les échouages de substances inconnues, les plages devraient être minutieusement nettoyées sans attendre les résultats des analyses et être interdites d’accès au public en attendant la fin du nettoyage ou le résultat des analyses. Ce week-end, les plages n’ont pas été fermée, ce qui a permis de voir qu’il n’y avait pas de risque pour la santé des usagers de la plage: apparemment aucun cas d’intoxication ou de problème liés au contact avec le produit n’a été signalé. Sur ce sujet,  voir les recommandations du Groupe d’Experts Européen sur les pollutions : Pollution of the North and Baltic Seas with Paraffin.

Dans l’urgence de la situation et face aux énormes quantités devant être ramassées, les bulldozers et cribleuses ont largement été utilisées là où c’était possible. Nous rappelons, comme cela a été fait en Nombre 2016, que cette dernière méthode n’est pas adéquate car les galettes se fragmentent et une grande partie d’entre-elles se retrouve enfouie dans le sable. Elle deviennent impossibles à ramasser, ressortiront lors des prochaines marées et continuerons à polluer les milieux naturels.

Traces de nettoyage de plage mécanique dans la paraffine à Equihen

Pollueurs payeurs

Le CROSS est en train d’essayer d’identifier le navire qui s’est permis un tel acte de pollution. Nous espérons que les communes impactées seront remboursées des frais engagés pour le nettoyage de leurs plages et pour les frais de traitement de ces déchets spéciaux qui peuvent être énormes et problématiques.

L’association va continuer son combat entamé il y a près d’un an contre ces « dégazages sauvages » . Nous continuons à travailler  avec d’autres associations agissant au plus aux niveaux à l’international sur ce sujet.

A lire : les échouages précédemment observés sur la Côte d’Opale:


En images:

Fort Mahon et Quend Plage

Berck

Stella

Baie de Canche

Camiers

Dannes

Hardelot – Ecault – Equihen

 

Le Portel

Wimereux

Dans l’estuaire du Wimereux

Pointe aux oies

Une cartographie et un dictionnaire pour les déchets échoués.

Ocean Plastic Tracker

Cet outil de cartographie a été développé pour l’Association Ansel lors d’un Hackathlon organisé par la Fondation Explore et le Fond du navigateur Roland Jourdain. Cet outil de cartographie permet de géolocaliser la présence de certains déchets ciblés, notamment les déchets issus de la perte de conteneurs en mer. Cette application fonctionnant sur les téléphones portables est la première du genre en s’intéressant à des traceurs de pollutions ciblées et pourra permettre d’en mesurer leur étendue. A découvrir sur le site https://oceanplastictracker.com .

Wikidéchets

Un outil pour découvrir les déchets marins particuliers: ceux dont l’origine peut être surprenante et pourra certainement vous faire voyager. Plus de 70 déchets sont répertoriés grâce à la participation des membre du Réseau d’Observation des Echouages de Déchets en Atlantique. A découvrir sur le site http://dechets-marins.ovh.

Opération berges propres 2017 à Wimereux.

L’Union Commerciale de Wimereux et Sea-Mer Asso lancent la première Opération Berges Propres avec la Mairie de Wimereux.

Nous avions envie de mettre un coup de propre mais le chantier était d’envergure. Nous avons donc invité les wimereusiennes et wimereusiens à venir nous rejoindre pour prendre soin de cet endroit dont nous profitons chaque jour lors d’une opération de nettoyage conviviale.
Le nettoyage a eu lieu le Dimanche 09 Avril à partir de 14h00 et a permi de ramasser 156 kilos de déchets grâce à la présence d’une vingtaine de bénévoles.
Les fameux sacs bleus de le Ville de Wimereux ont été fournis par la commune et pour parfaire cette opération écologique, l’Union Commerciale nous a offert le goûter!

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Terrains synthétiques : des millers de tonnes de granules de caoutchouc perdus tous les ans !

Source : kimointernational.org – Le 27 Février 2017 –  Microplastic Pollution from Artificial Grass – A Field Guide.

Les terrains de jeux et de sport en pelouse synthétique sont de plus en plus répandus, notamment dans le domaine du football. Ils sont constitués d’un tapis de fibres synthétiques étendu sur un lit de sable. Un lit des granules de caoutchouc peut être intercalé pour améliorer la qualité des terrains. 90% de ces granules de caoutchouc sont issus du recyclage de pneus. Ils contiennent suffisamment de produits chimiques toxiques et cancérigènes pour envisager une réglementation concernant les aires de jeux destinées aux enfants.

En Europe du Nord, selon les pays, les pertes de granules pendant l’utilisation des terrains de football entraînent des rechargements annuels de l’ordre de 500 à 1900 tonnes.

Source : http://www.kimointernational.org

Sources de pertes et conséquences:

  • Les granules et les micro-plastiques qu’ils produisent pendant l’usage se répandent dans l’atmosphère et se disséminent autour des terrains.
  • En extérieur, ces granules perdus entrent dans le système de collecte des eaux de pluie et sont disséminés par le vent.
  • En intérieur, ils peuvent entrer dans le système de collecte des eaux usées pendant le nettoyage des salles de sport.
  • Les granules et les micro-plastiques sont emportés par les usagers via leurs vêtements, chaussures et sacs de sport et ils peuvent entrer dans le système de collecte des eaux usées pendant leur nettoyage.

En Suède, il est estimé que la quantité annuelle de caoutchouc entrant dans le milieu marin et les cours d’eau et de 70 kg par terrain de football synthétique. Cette valeur peut être supérieure dans les pays où le traitement des eaux est moins exigeant.

De nombreuses solutions existent pour limiter la dissémination de ces micro-plastiques dans les milieux aquatiques:

  • Promouvoir les terrains naturels à travers des financements sélectifs.
  • Promouvoir les terrains synthétiques en intérieur.
  • Améliorer la conception des terrains pour limiter les pertes.
  • Améliorer le stockage des granules pour éviter les pertes accidentelles.
  • Utiliser des machines de nettoyage permettant la récupération des granules en vue de leur réutilisation.
  • Stocker la neige évacuée des terrains sur une bâche en vue d’utiliser les granules qu’elle contient lors de la saison suivante.
  • Les granules usagés doivent être considérés comme des déchets toxiques. Les aménagements doivent être prévus pour un nettoyage, un stockage et un enlèvement sans danger. La négociation d’un enlèvement des déchets par le fournisseur peut être envisagée.
  • Ne pas utiliser de granules de caoutchouc. Prendre en considération les solutions alternatives (EPDM, matériaux naturels, …)
  • Eviter que l’eau de pluie tombant sur les terrains soit déversée dans les réseaux sans un traitement préliminaire.  Si possible, le système de collecte des eaux doit être équipé d’un bassin de rétention pour éviter le débordement du système de traitement des eaux de pluie du terrain.
  • Encourager l’investissement dans l’amélioration des techniques de traitement des eaux usées au niveau des stations d’épuration.

Les terrains de jeux synthétiques sont faits pour durer. Une meilleure gestion permettra de réduire leur impact sur l’environnement.

Lire l’article complet en anglais sur le site de la Kimo : http://www.kimointernational.org/news/microplastic-pollution-from-artificial-grass-a-field-guide/

 

Opération Déchets Côtiers 2016 sur l’arc atlantique – Expédition MED

Ce rapport qui s’inscrit dans une  démarche de collaboration citoyenne, provient d’une campagne de collecte participative réalisée en 2016 sur 16 plages de l’arc atlantique. Il rassemble les données de catégorisation de 144.997 déchets côtiers triés, catégorisés et quantifiés un par un, par une équipe de jeunes scientifiques, volontaires en Service Civique chez Expédition MED. Lire le rapport complet sur le site d’Expédition Méditerranée En Danger.

 

Bilan au 29 Janvier 2017 sur l’échouage de paraffine industrielle de Novembre 2016


Deux mois après l’échouage de trois tonnes de paraffine industrielle entre Berck-sur-mer et Equihen, Sea-Mer Asso fait le point sur la situation et demande aux pouvoirs publics d’intervenir face à cette pollution.


 

RESUME DE LA SITUATION

Rappel des faits.

Le 23 Novembre 2016, les membres de Sea-Mer Asso ont constaté un échouage massif de paraffine industrielle au niveau de l’estuaire de la Canche et sur la plage de Dannes. L’association a immédiatement alerté les services publics concernés puis réalisé une évaluation de la pollution : suite au rejet en mer des résidus de nettoyage des cuves d’un navire-citerne, plus de trois tonnes de paraffine industrielle se sont échouées sur le littoral entre Berck et Equihen lors de la tempête du 20 Novembre 2016. De nombreuses fois sollicitée par la presse, la jeune association s’est efforcée de limiter l’écho médiatique négatif de cette pollution pour la Côte d’Opale et a organisé deux opérations de nettoyage. Aujourd’hui, nous sommes forcés de constater qu’une grande majorité des collectivités locales concernées a préféré minimiser la gravité de cette pollution face aux coûts que le traitement des déchets pourrait entraîner et à cause de leurs manques de moyens techniques, financiers et humains pour le ramassage.

Situation actuelle.

  • Personne ne veut avancer la somme réclamée il y a un mois par Véolia pour effectuer l’analyse du produit qui permettra de proposer une solution de traitement. Il en résulte que la solution de traitement des déchets et surtout son coût sont toujours inconnus pour l’instant.

  • Plusieurs bennes de paraffine attendent dans les locaux des services techniques de certaines communes. A cause du manque de consignes pertinentes, plusieurs dizaines de kilos de paraffine sont peut-être partis en enfouissement sans autorisation.

  • Il reste plus d’une tonne de paraffine sur le littoral. Aucune opération de nettoyage supplémentaire n’est possible tant que les communes ne disposeront pas de solutions techniques et financières pour l’élimination des déchets.

    BILAN

    La composition exacte de la substance est toujours inconnue.

    Les analyses chimiques ont permis d’identifier un produit composé en majorité de paraffines qui ne sont pas toxiques. Les analyses reçues ne précisent pas l’absence de chloroalcanes et nous n’avons aucune information sur la présence potentielle d’Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques. Les produits de ce type sont généralement transportés sous forme peu raffinée. Ils contiennent en conséquence de nombreuses substances dont la nature et la toxicité sont inconnues. Des additifs chimiques peuvent également être présents. Ces doutes sur la nature exacte du produit sont confirmés par la méfiance des sociétés de traitements de déchets qui imposent une analyse préalable pour définir le mode de traitement adéquat.

    Personne ne connaît l’impact écologique de ce produit.

    Alors que l’impact écologique des particules de plastique dans les milieux marins et terrestres attire l’attention des médias, des organisations internationales, des scientifiques et du public, aucune étude n’aborde l’impact écologique de la paraffine. Les risques sont sous estimés. L’ingestion de paraffine est pourtant avérée chez les oiseaux marins notamment dans le cas du Fulmar Boréal, indicateur officiel de la qualité du milieu marin, comme le montre cette vidéo du Professeur Franeker. Les problématiques écologiques et économiques liées au transport de paraffine industrielle sont amplement décrites dans ce rapport du Groupe d’Experts en Environnement du Federal Institute for Risk Assessment allemand.

    Il reste encore plus d’une tonne de paraffine sur le littoral.

    Le littoral et le milieu marin font la richesse de notre région. Sur les neuf communes touchées, deux communes ont effectué un nettoyage et deux autres ont bénéficié d’actions bénévoles menées par des associations. Certaines plages polluées sont des sites très touristiques et se trouvent à proximité d’élevages de moules et de zones de pêche. La Réserve Naturelle Nationale de la Baie de Canche est particulièrement touchée. 30 % du littoral du Parc National Marin des Estuaires Picards et de la Mer d’Opale est pollué. A chaque grande marée, les centaines de galettes encore présentes se disséminent plus largement sur littoral, la pollution se diffusant ainsi sur d’autres communes et sur les communes ayant procédé au nettoyage de leurs plages. Les pouvoirs publics ont alerté les communes et rappelé les obligations des élus en la matière.

    Les plages contaminées sont toujours libres d’accès.

    Face à la méconnaissance sur la nature du produit et vues les quantités présentes, nous pensons que le plan Polmar Terre aurait dû être activé en urgence. L’accès aux plages aurait dû être interdit au public dès que la pollution a été constatée et le nettoyage effectué aussi tôt que possible. Aujourd’hui les centaines de galettes encore présentes sur le littoral sont en train d’être piétinées par les usagers de la plage. L’ensablement et le piétinement rendent le nettoyage de plus en plus difficile. La fragmentation des boulettes va rendre la paraffine invisible alors que les quantités seront toujours bien présentes. Cet été les vacanciers viendront étendre leurs serviettes de bain sur des plages polluées et les enfants joueront dans un sable souillé, mélangé à de la paraffine fondue, puante, irritante et probablement toxique.

    CONCLUSION

    «Face à l’ampleur de la pollution et ses futurs impacts négatifs évidents sur l’environnement et l’économie locale, nous demandons à l’Etat d’intervenir en urgence pour permettre aux communes de traiter la pollution au plus tôt. »

    Les dernières photos en date des 17 et 18 Janvier 2017 prises sur les plages entre Berck et Camiers sont disponibles en suivant ce lien. Les membres de l’association Sea-Mer maintiennent leur vigilance et restent à disposition pour tout complément d’information sur le sujet à cette adresse : contact@sea-mer.org.

    RESSOURCES DOCUMENTAIRES

    – L’ingestion de paraffine est avérée chez les oiseaux marins notamment dans le cas du Fulmar Boréal, indicateur officiel de la qualité du milieu marin, comme le montre cette vidéo du Professeur Franeker.

    – La problématique écologique et économique liée au transport de paraffine industrielle est amplement décrite dans ce rapport du Groupe d’Experts en Environnement du Federal Institute for Risk Assessment allemand (en anglais).

    – Le rapport rédigé par l’association sur l’échouage de paraffine constaté au mois de Novembre est disponible sur le site de l’association en suivant ce lien.

    – L’échouage de paraffine industrielle constaté au mois de Novembre est le deuxième de l’année. Lire l’alerte pollution lancée en Août 2016 par l’association. La couleur spécifique de cette paraffine pourrait provenir de la présence importante de HAP.

    EXTRAIT DU COMMUNIQUE DIFFUSE EN NOVEMBRE

    Les échouages de paraffine sont récurrents sur le littoral boulonnais, situé au cœur du détroit du Pas de Calais. La réglementation internationale MARPOL autorise le rejet à la mer des résidus de nettoyage des cuves des navires citernes transportant ce type de produit. Les effets de cette autorisation se manifestent par des échouages de paraffine fraîche et la présence permanente de fragments sur les plages. Les quantités sont importantes et se comptent par dizaines ou centaines de kilos. La rémanence de ce dérivé pétrolier et sa dispersion dans l’environnement marin sont évidentes. Alors que l’impact écologique des particules de plastique dans les milieux marins et terrestres attire l’attention des médias, des organisations internationales, des scientifiques et du public, aucune étude n’aborde l’impact écologique de ce déchet. Les risques sont sous estimés, la substance est odorante et irritante pour les muqueuses. Les effets de l’ingestion par les oiseaux, les mammifères marins ou les poissons ne sont pas recherchés. Tout comme les résidus de nettoyage des cuves des pétroliers, le rejet de paraffine en mer devrait faire l’objet d’une interdiction totale.


http://sea-mer.org – Le 29 Janvier 2017

Plage du Châtelet : 500 kilos de déchets ont disparu !

Pendant la tempête du 12 Janvier 2017, plus de 500 kilos de déchets ont disparu du bord de dune où ils se trouvaient encore en Décembre à Tardinghen… et la dune sur laquelle ils reposaient aussi !


En Mai 2016, une association bénévole de nettoyage de plage découvre que les décombres d’une habitation légère de loisir située en bord de dune s’écroulent sur la plage.

Le dépôt était constitué des décombres issus de la destruction d’un habitat léger de loisir (tôles ondulées, tonnelle, bâches) de jouets de plage, d’ustensiles de cuisine, de mobilier et d’équipements divers (table, chaises, four, cuisinière, toilette, réchaud à pétrole, matelas, sommier). Des déchets ménagers et des sacs poubelle pleins ont également été retirés sous ces décombres, ainsi que des produits chimiques. Le tout était entassé sur une surface 25 m2, laissant supposer que cet habitat a été détruit volontairement et que les déchets ont été disposés à cet endroit avant d’être laissés à l’abandon.

Ces déchets étant en position instable sur un bord de dune s’effondrant régulièrement sous l’effet de l’érosion côtière. ils ont été transférés sur la parcelle herbeuse située à proximité directe en arrière du bord de dune. Le passage en pied de dune à marée haute étant ainsi sécurisé et la  dissémination des déchets sur le littoral stoppée.

A l’époque le maire de Tardinghen s’était engagé à organiser le retrait des déchets. Plusieurs institutions ont été prévenues du danger représenté par les déchets et du fait qu’ils risquaient un jour ou l’autre de se retrouver à nouveau sur la plage et en mer. En Juillet, les déchets avaient disparu de la parcelle herbeuse et ont été retrouvés dans les buissons quelques mètres plus loin. Contacté de nouveau, le Maire de Tardinghen annonce n’avoir aucun recours possible face au propriétaire malveillant de ce terrain privé.

Pendant la tempête du 12 Janvier 2017, alors que tout était encore en place fin Décembre, ce qui devait arriver est arrivé : la dune sur laquelle se trouvaient les déchets s’est effondrée… Plusieurs gros déchets sont retrouvés sur la plage mais tout le reste a disparu. Les buissons et la zone herbeuse ont disparu également.

Et pendant ce temps, à quelques dizaines de mètres, le même scénario est-il en train de se dérouler à nouveau?

Ocean Plastic Tracker – Cartographie collaborative

Certaines trouvailles sur les plages ont une origine bien connue ou suspectée comme la perte de conteneurs ou le jet de poubelles par dessus bord par certains navires. Mise en place par l’association Ansel, l’application Ocean Plastic Tracker permet de visualiser l’ampleur de la dissémination de certains de ces déchets identifiés. Collaborative, cette application permet à tous les ramasseurs d’alimenter la carte avec leurs trouvailles, photos à l’appui.

 Nombre de ces « Traceurs » ont déjà été retrouvés sur la Côte d’Opale par les membres de Sea-Mer Asso.

Paraffine – Janvier 2017

Photos prise les 17 et 18 Janvier 2017 sur les plages de Berck, Merlimont, Stella, Le Touquet, Camiers et dans la baie de Canche. La plage Sud de Stella et l’estuaire de la Baie de Canche sont particulièrement touchés. Les galettes sur la plage sud du Touquet semblent avoir été ensevelies sous le sables lors des éboulements ayant eu lieu pendant la tempête de Décembre. La plage urbaine de Stella a été nettoyée à la machine et les boulettes sont visibles dans les dépôts. Les secteurs de Camiers Nord, Dannes, Hardelot, Ecault et Equihen restent peu pollués suite aux nettoyages effectués.

Bacs à marée

Des bacs pour récupérer les déchets ramassés sur les plages wimereusiennes?

Les membres de Sea-Mer Asso voient l’installation de « Bacs à marée » se développer rapidement sur les plages du littoral français. Ces Bacs à marées, mis à disposition du public par les collectivités, permettent aux promeneurs qui ramassent des déchets échoués sur les plages d’y déposer leur collecte. Nous sommes persuadés de l’intérêt écologique de cet outil qui constitue également un excellent support de sensibilisation à la fragilité et la vulnérabilité de la faune, de la flore et des habitats. Souhaitant voir le concept se développer localement, les membres de l’association ont commencé fin 2016 à le présenter aux collectivités locales et aux gestionnaires des espaces littoraux. L’association a proposé ses services pour la rédaction des consignes.


Depuis quelques années de plus en plus de collectivités installent des bacs à marée sur le littoral français, souvent sous l’impulsion d’associations investies dans les nettoyages de plages bénévoles. Comme les retours d’expérience sont positifs dans l’ensemble, les membres de l’association wimereusienne Sea-Mer souhaitent également lancer l’expérience sur les plages de leur commune.

Principe et utilité.

Le principe est de permettre aux promeneurs qui ont pris l’habitude de ramasser des déchets sur la plage de déposer leur collecte dans un réceptacle dédié. Pour l’instant ces quelques promeneurs déposent ces déchets sur les parkings ou les accès aux plages. Les bacs à marées pourraient constituer une solution pérenne et permettraient surtout un développement encadré de cette pratique louable.

Un formidable outil de sensibilisation.

Nous voyons avant tout en ces bacs à marée un excellent support de communication pour la protection de l’environnement, visible et suscitant la curiosité. L’affichage en place permettra d’avertir efficacement les usagers de la plage sur la fragilité du littoral et des dunes, la vulnérabilité des espèces abritées et des habitats et permettra d’informer le public sur l’origine des « déchets marins ».

Objectifs et indicateurs de réussite.

Le principal objectif est d’inciter les usagers de la plage à entreprendre une démarche responsable sur les sites qu’ils fréquentent pour qu’ils deviennent des acteurs avertis de la préservation du littoral. Ces objectifs peuvent s’évaluer en dénombrant ponctuellement les personnes lisant les panneaux et ramenant des déchets ramassés. Des enquêtes peuvent également être réalisées sur site pour connaître l’avis du public.

L’installation de ces bacs ne doit pas interférer avec la politique de retrait des poubelles sur les sites naturels. La bonne utilisation des bacs à marée est donc un point sensible pour les gestionnaires qui pourra être évaluée par l’observation du contenu. La qualité de la communication sur les panneaux informatifs des bacs à marée garantira leur bonne utilisation et pourra être adaptée si elle semble insuffisamment efficace sur ce point. Comme cela se fait sur certaines communes, nous pouvons également envisager le retrait des bacs en période estivale si nous constatons trop de dérives.

Sites et emplacements.

Pour éviter qu’ils ne se transforment en vulgaires poubelles ou en sites de décharge sauvage, l’emplacement de ces bacs doit être judicieusement choisi et ils devront être suffisamment éloignés des parkings. Les plages wimereusiennes ont l’avantage de bénéficier de parkings situés en retrait, avec des chemins d’accès pédestres assez longs, tout en disposant d’accès véhiculés pour permettre l’entretient des bacs.

Estuaire de la Slack
Le poulier de l’estuaire de la Slack est particulièrement sensible à la fréquentation. Le bac à marée permettra de sensibiliser le public sur ce point. Le pied du panneau à l’entrée sur la plage fait déjà régulièrement l’objet de dépôts de déchets ramassés par les promeneurs.
Sud des Dunes de Slack
Le chemin d’accès à la plage en provenance du parking des allemands peut offrir un emplacement idéal. Par contre l’accès pour les agents est bloqué par une roche à la sortie du parking.
Pointe aux oies
Le chemin d’accès à la plage en provenance du parking des anglais offre un emplacement idéal. Le parking fait déjà régulièrement l’objet de dépôts de déchets ramassés par les promeneurs.
Plage Nord de Wimereux
L’extrémité Nord de la digue de Wimereux semble être un point idéal. Des déchets marins sont régulièrement déposés par des promeneurs au niveau de la dernière poubelle.

Revue de presse.

Le 27/09/2016 – Mairie des Sables d’Olonne : Installation de bacs à marée sur les plages.
Le 17/08/2016 – Le réveil de Berck : Déposez-y les déchets de la mer.
Le 07/05/2016 – Le Télégramme : Plougonvelin. Des bacs à marée à disposition.
Le 13/01/2016 – Ouest-France : Belle-Ile : des bacs à marée pour collecter les macrodechets.
Le 03/11/2016 – APE à la Tranche sur Mer : Installation de bacs à marée.
Le 07/12/2014 – Le Télégramme : Fouesnant. Les bacs à marée débarquent.
Source : site de la mairie des Sables d’Olonne https://lessablesdolonne.site/bacs-a-maree-plages-des-sables-dolonne/

Marcus Eriksen de 5 Gyres corrige le tir sur les continents de plastique qu’il compare au fameux SMOG anglais.

A lire dans l’article paru sur le site d’Outside : The Crowdfunded Conservationist Who Wants to Save the World. Has a young Dutchman found the solution to all that plastic in our oceans?

Le problème a été décrit de manière imprécise, en partie à cause d’organisations comme Ocean Cleanup. Ce n’est ni une plaque, ni une soupe de plastique. C’est un brouillard de pollution. Et comme pour la pollution atmosphérique, nettoyer ce brouillard de pollution plastique n’est pas une solution viable. Les financements et les efforts devraient aller dans le sens des décisions politiques au lieu d’être investis dans des innovations utopiques. « Quand le Clean Air Act est entré en vigueur, il a mis en place des standards élevés de contrôle des rejets atmosphériques. Les véhicules consommant le plus ont quitté les routes, les centrales à charbons ont été mises aux normes, les sociétés ont innové. Personne n’a dit : « nous n’avons qu’à aspirer le carbone qui se trouve dans l’atmosphère ».

Les produits toxiques libérés par les micro-plastiques nuisent au dévelopement des larves de moules

Source : Science Direct – Octobre 2016 : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0043135416307667

Highlights

  • An effective procedure for testing toxicity to microplastics’ leachate is presented.
  • Brown mussel embryo is sensitive to leachate from both virgin and beached pellets.
  • Leachate from beached pellets completely impaired mussel embryo development.
  • Additives and contaminants adsorbed onto pellets may have caused the toxic effect.

Microplastic debris is a pervasive type of contaminant in marine ecosystems, being considered a major threat to marine biota. One of the problems of microplastics is that they can adsorb contaminants in extremely high concentrations. When released from the particle, these contaminants have the potential to cause toxic effects in the biota. So far, reports of toxic effects are mostly linked with the direct exposure of organisms through ingestion of contaminated microplastics. There is little information on the toxicity of leachates from microplastics to marine organisms. In this study, we conducted experiments to evaluate the toxicity of leachates from virgin and beached plastic pellets to embryo development of the brown mussel (Perna perna). We compared the efficiency of two test procedures, and evaluated the toxicity of beached pellets collected in a coastal marine protected area. We observed that mussel embryo is sensitive to leachate from both virgin and beached pellets. However, the toxicity of the leachate from beached pellets was much higher than that of virgin pellets. We suggest contaminants adsorbed onto the surface of beached pellets were responsible for the high toxicity of leachate from beached pellets, while the toxicity of leachate from virgin pellets was mainly due to plastic additives. Our results suggest microplastic debris may be harmful even if ingestion is not the only or main pathway of interaction of marine organisms with contaminated plastic debris.

Lire l’article sur le site de Nurddle Hunt.

Nous soutenir

L’association recherche un local d’environ 50 m² disposant de l’électricité et si possible d’un point d’eau. Nous recherchons également des éprouvettes graduées de 100mL, une balance précise au gramme près, des loupes sur pied et un aspirateur portatif d’atelier.

Merci de nous contacter à cette adresse : contact@sea-mer.org


Bulletin d’adhésion et de don imprimable au format pdf.


Utilisation des fonds disponibles : frais de fonctionnement (frais de tenue de comptes et assurances), achat de sacs poubelle et de matériel, mise en place de projets de lutte contre la dissémination de déchets, identification des sources de pollution, collaboration avec les autres associations, hébergement du site.

Hors-normes

Blocs de latex

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Blocs de paraffine

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Galette de fioul à la Pointe aux Oies / en musique – Août 2016

Variés, divers et autres.

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Laisse de mer

Laisse de mer à l’Est de Calais – Février 2017

Laisse de mer à Wimereux / microplastiques – Juillet 2016

Laisse mer à Tardinghen – Mai 2016

Laisse de mer à Dannes – Juillet 2016

Laisse de mer à Wimereux / mégots de cigarettes – Mai 2016

Cartouches pour imprimantes HP

Janvier 2016 : Des milliers de cartouches d’encre Hewlett Packard s’échouent sur les plages anglaises et en Europe après avoir été perdues en mer il y a plus d’un an. Lire l’article de BBC UK du 08 Janvier 2016: HP cartridges wash up around UK and Europe after spill.

Ces cartouches sont régulièrement retrouvées aux Iles Canaries, aux Açores, au Portugal, de chaque côté de la Manche, en Hollande, au Pays de Galles, en Irlande, au Danemark et jusque sur les Iles Shetland. Plus de 1200 cartouches ont été répertoriées et cartographiées par  l’association anglaise Newquay Beachcombing. Voir la carte.

Bouchons jaunes Zeller Plastic

Du sud de la Bretagne aux plages de la Côte d’Opale… Ces bouchons sont partout et reviennent en permanence. Pas une marée sans un nouvel arrivage. Personne ne sait exactement d’où ils proviennent. L’association Ansel en ramasse depuis 2002 à Concarneau. Ils auraient commencé à arriver sur les plages en 1995. Provenant très certainement de la perte d’un conteneur en mer, ces bouchons sont répertoriés et cartographiés par l’association Ansel.

 

Bouteilles de Vanish roses

En Mai 2015 plusieurs conteneurs et leurs 27 000 bouteilles de Vanish tombent en mer au large de la Cornouaille. Les plages de Cornouailles se retrouvent envahies par ces bouteilles roses en Janvier 2016. Des bouteilles pleines sont encore retrouvées sur la Côte d’Opale plusieurs mois plus tard.

Ecowatch le 05 Janv. 2016 : 27,000 Pink Plastic Detergent Bottles Wash Up on UK Beach.
BBC UK le 05 Janv. 2016 : Thousands of pink bottles wash up on Cornwall’s beaches.

Décorations de Noël

Ces décorations de Noël en plastiques sont retrouvées en Bretagne, en Angleterre, dans le Quotentin et sur la Côte d’Opale. Elles proviennent très certainement d’une perte de cargaison en mer.

Trappes de casiers à homard nord américains

Ces trappes de casiers à homard sont utilisées sur la côte Est du Canada et des Etat-Unis. Régulièrement retrouvées sur les côtes bretonnes, anglaises et dans la Manche. Les colliers datés indiquant le lieu de l’exploitation et des plaques d’identification sont également retrouvés.

Bouchons rouges de Dollemard – Le Havre

Ces bouchons rouges ont été repérés affleurants en pied de falaise dans l’ancienne décharge côtière de Dollemard – Le Havre en Juin 2016. Ils portent l’inscription suivante : « RAMENEZ LA BOUTEILLE VIDE AVEC CE BOUCHON MERCI ». Nous les retrouvons sur la Côte d’Opale après un voyage aquatique de plus de 170 km !

8 bouchons trouvés dans la falaise de Dollemard en Février 2017

Puis 31 bouchons sur la Plage de Dollemard et encore d’autres à Antifer, Saint Valéry en Caux et Dieppe…

Dollemard – Février 2017

Alliens de Fécamps

90 d’entre eux ont été ramassés à Fécamp début 2016. Nous en retrouvons encore quelques uns dans le détroit. Ces « alliens » qui ressemblent à des rebus de production proviennent probablement de l’ancienne décharge côtière de Dollemard – Le Harve. Depuis, 2 alliens ont été retrouvés sur la Côte d’Opale et plusieurs dizaines ont été retrouvés au Havre par Quentin, un ramasseur local qui nettoie régulièrement cette plage.

4,8 millon de Légos perdus au large des îles britaniques en février 1997

L’histoire a déjà 19 ans et pourtant elle est toujours d’actualité. A l’origine c’est un accident maritime. Le 13 février 1997, aux large des îles britanniques, tandis qu’il suit sa route vers New-York, le porte-conteneurs Tokyo-Express doit essuyer une vague décrite par son capitaine comme étant « un phénomène se produisant tous les cent ans » qui fera incliner son navire à 60° dans un sens, puis 40° en arrière. Bilan : les 62 conteneurs qu’il transportait passent par-dessus bord à 32 kilomètres des côtes. Dans l’un d’eux, un trésor. 4,8 millions de Lego, et ironie du sort, ces Lego sont issus d’une série axée sur le thème de la mer.
Lire l’article complet sur le site Doctissimo.

« Un océan de déchets salés » par Expédition MED

Invitée au 32ème Salon National de la Conchyliculture et des Cultures Marines de Vannes Expédition MED a présenté les premiers résultats de son opération « Déchets salés ». Les premiers résultats montrent que le plastique fait systématiquement un score de plus de 90%, et que les activités marines y prennent une part très variable (entre 10 et 70%). La conchyliculture semble une source minoritaire face à la pêche ou la plaisance, mais reste cependant largement significative. Lire l’article sur le site d’Expédition Méditerrnanée en Danger.

Perte de Granules de Plastique Industriel entre Boulogne et Marquise

Le 23 Février 2016, un camion citerne perd son chargement de Granules de Plastique Industriel sur l’A16 entre Boulogne sur mer et l’aire de l’Epitre. La DIR Nord a immédiatement déployé ses équipes pour sécuriser les voies de circulation et ramasser les quelques 8 tonnes de billes de polyéthylène. Lire l’article du 23/02/2016 sur le site de La voix du nord.

Malgré deux semaines de mobilisation, faute de moyens techniques adaptés, la DIR n’a pas été en mesure de récupérer la totalité des granules.

Aidée par l’association SOS Mal de Seine, SeaMer Asso a suivi de près les opérations de nettoyage et a observé la dispersion des granules dans les milieux naturels, les cours d’eau et sur le littoral pendant les semaines suivantes.

Huit mois plus tard les granules sont encore présents aux alentours de l’A16 et dans les bassins de rétention des eaux pluviales, mais aussi sur les rives du Wimereux, sur les plages de la Rochette et de la Pointe aux oies et au bord des dunes de Slack.

Le cas Boyan Slat et l’ocean clean up projet

  • METRO : Quelques problèmes avec l’histoire du jeune qui va «nettoyer les océans»

 Ce qu’on oublie souvent de mentionner, c’est que des gens très qualifiés doutent sérieusement que son système aura un véritable impact sur le plastique marin. Pire, des doutes assez crédibles ont été émis quant à la technologie elle-même. Lire l’article sur le site Metro paru le 2 Juin 2015.

  • RUE 89 : Boyan Slat et sa machine à nettoyer les océans : faut pas rêver

Quant aux plastiques récupérés, que Slat dit pouvoir recycler, François Galgani, de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) les décrit comme sans valeur et difficilement recyclables, puisqu’ils sont issus de plastiques eux-mêmes érodés. Lire l’article sur le site Rue89 paru le 19 Juin 2015.

  • CHRIS CLARKE : Six raisons pour lesquelles le gadget de l’Ocean Cleanup est une très mauvaise idée.

« L’équipe derrière ce projet, The Ocean Cleanup (le Nettoyage de l’Océan) prétend que leur barrage flottant sera capable de débarrasser les océans de la pollution du plastique comme celle qui constitue le continent de plastique dans le Pacifique, avec un coût et un effort minimum, sans poser de risque pour la faune, et ce en quelques années. Mais depuis que le jeune inventeur Boyan Slat a commencé, à l’âge de 18 ans, à attirer l’attention sur son idée, les biologistes marins et les océanographes s’arrachent les cheveux au sujet de la popularité médiatique du Ocean Cleanup. » Lire l’article en anglais  paru le 04 Juin 2015. Lire la traduction de l’article.

  • E-RSE : Lutter contre le plastique pour sauver les océans : cette solution miracle qui n’existe pas. 

À toutes ces questions, Ocean Cleanup n’a jamais pu répondre, à travers aucun des documents que la fondation a publiés. Le test de son prototype et le silence qui suit son échec vient confirmer ce que beaucoup présageaient : ce projet de ramassage des déchets plastiques n’est qu’une vaste opération de communication très bien menée, qui a permis à Boyan Slat de monter sa fondation avec l’argent du crowfunding originel (2,2 millions d’euros quand même). Lire l’article sur le site E-RSE.

DEAP-SEA NEWS : What did the Boyan Slat and the Ocean Cleanup do last summer?

Durant les essais menés cet été, le projet Ocean Clean-up à 2,2 millons d’Euros n’aura collecté AUCUN déchet ! Lire l’article complet en anglais mais imagé paru le 3 Janvier 2017 sur le Site  Dea-Sea News.

GIF

 

Qualité de l’eau et contamination dans l’estuaire de la Seine

GIP Seine Aval – Problématique des macrodéchets dans la Seine.

http://www.seine-aval.fr/wp-content/uploads/2017/01/Macrodechets.pdf

Diverses campagnes de prospection ont permis de documenter la présence de sites d’accumulation de macrodéchets en bord de Seine. En 2011, 74 sites de dépôts ont ainsi été dénombrés entre Poses et Tancarville. Ces opérations de nettoyage ont permis d’évacuer et éliminer des volumes importants de déchets, constitués de divers matériaux aux origines naturelles (bois mort…) ou anthropiques (plastique, métal, verre, tissu…). Cependant, ce nettoyage ne permet d’éliminer qu’une fraction des déchets véhiculés par la Seine, une part importante se retrouvant en mer.

Observation des déchets flottants en mer de Barents et dans le détroit de Fram.

Source : Observations of floating anthropogenic litter in the Barents Sea and Fram Strait, Arctic. http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00300-015-1795-8

[abstract]

Although recent reports indicate that anthropogenic waste has made it to the remotest parts of our oceans, there is still only limited information about its spread, especially in polar seas. Here, we present litter densities recorded during ship- and helicopter-based observer surveys in the Barents Sea and Fram Strait (Arctic). Thirty-one items were recorded in total, 23 from helicopter and eight from research vessel transects. Litter quantities ranged between 0 and 0.216 items km−1 with a mean of 0.001 (±SEM 0.005) items km−1. All of the floating objects observed were plastic items. Litter densities were slightly higher in the Fram Strait (0.006 items km−1) compared with the Barents Sea (0.004 items km−1). More litter was recorded during helicopter-based surveys than during ship-based surveys (0.006 and 0.004 items km−1, respectively). When comparing with the few available data with the same unit (items km−1transect), the densities found herein are slightly higher than those from Antarctica but substantially lower than those from temperate waters. However, since anthropogenic activities in the Fram Strait are expanding because of sea ice shrinkage, and since currents from the North Atlantic carry a continuous supply of litter to the north, this problem is likely to worsen in years to come unless serious mitigating actions are taken to reduce the amounts of litter entering the oceans.

L’article complet est disponible sur le site springer.

1982 – Pollution du littoral français par les macro-déchets

Archive Archimer Ifremer 28670 – 1982 – Evaluation de la pollution et mise en place de calculs de statistiques. Le document au format pdf.

Les macro-déchets accumulés sur les plages constituent, sans nul doute, une nuisance esthétique dont l’impact au niveau touristique peut être important. De plus ils peuvent être un danger pour les usagers (piqûres, coupures, intoxications) ainsi qu’un danger pour des espêces marines (thons et tortues morts pour avoir ingurgitê du plastique) et les oiseaux (mazout) .

A ces nuisances, on ajoutera le développement possible d’odeurs et la prolifération d’insectes et l’apparition de salissures (goudrons). Or, on ignore généralement le niveau de pollution chronique par macrodéchets et  les variations de ce niveau avec le temps. De plus, la caractérisation des dêchets (type et nature) ne parait pas exister.  Enfin, l’origine géographique de ces déchets est très souvent controversée.

Depuis quelques années, avec le développement important du conditionnement, qu’il soit alimentaire ou autre, à base de matière plastique, cette pollution devient de plus en plus apparente et prend des proportions alarmantes.

Les administrations ou communes littorales se voient obligées de dépenser d’énormes sommes d’argent pour le nettoyage de leurs plages avant et pendant la saison touristique. Par exemple (Source MECV-ANRED, 1978) :

  • le département du Var a dépensé 5 millions de Francs pour nettoyer 11 km de plage,
  • le département des Alpes Maritimes: 3 millions de Francs pour 4 km,
  • la commune de Biarritz, 616.000 Francs, etc…

Or, le problème du macrodéchet est un problème de société dû à la négligence et aux habitudes prises, particulièrement en mer oû depuis tout temps on déverse par-dessus bord ses déchets.

Les buts de la présente étude sont:

1. De mettre au point une méthode qui permette l’étude quantitative et qualitative (nature, origine) des déchets souillant les plages du littoral français.

2. D’appliquer cette méthode sur un nombre de sites déterminés afin de tester la fiabilité de la méthode et d’établir un état de référence de la pollution par macrodéchets des sites retenus.

3. D’étudier l’extrapolation possible de la méthode à la mise en place d’un suivi éventuel sur des points particuliers (notion de réseau de surveillance).

Après une description des sites, nous développerons la méthodologie employée et discuterons des résultats obtenus.

Le réchauffement climatique entraine le relarguage de micro-plastiques emprisonnés dans les glaces de l’Arctique.

Source : 20 Juin 2014 – AGU Publications : Global warming releases microplastic legacy frozen in Arctic Sea ice.

http://onlinelibrary.wiley.com/store/10.1002/2014EF000240/asset/eft235.pdf

When sea ice forms it scavenges and concentrates particulates from the water column, which then become trapped until the ice melts. In recent years, melting has led to record lows in Arctic Sea ice extent, the most recent in September 2012. Global climate models, such as that of Gregory et al. (2002), suggest that the decline in Arctic Sea ice volume (3.4% per decade) will actually exceed the decline in sea ice extent, something that Laxon et al. (2013) have shown supported by satellite data. The extent to which melting ice could release anthropogenic particulates back to the open ocean has not yet been examined. Here we show that Arctic Sea ice from remote locations contains concentrations of microplastics are several orders of magnitude greater than those that have been previously reported in highly contaminated surface waters, such as those of the Pacific Gyre. Our findings indicate that microplastics have accumulated far from population centers and that polar sea ice represents a major historic global sink of manmade particulates. The potential for substantial quantities of legacy microplastic contamination to be released to the ocean as the ice melts therefore needs to be evaluated, as do the physical and toxico- logical effects of plastics on marine life.

 

Manche Est – Métaux lourds, métaloïdes et autres substances dangereuses dans les déchets plastiques.

Des plastiques, de la mousse et des cordages collectés sur cinq plages du Sud-Ouest de l’Angleterre ont été analysés au spectromètre pour détecter la présences de plusieurs éléments dangereux. De fortes concentrations de Chlore et de Brome ont été relevées et attribuées à la présence de retardateurs de flamme. Concernant les métaux lourds et les métaloïdes, le Cadmium et le Plomb sont très préoccupants pour l’environnement. Des concentrations de Plomb atteignant 17,5 mg/g ont été mesurées et sont dues à son utilisation historique comme stabilisateurs, colorants et catalyseurs dans l’industrie du plastique. Le Cadmium, utilisé comme stabilisateur et comme colorant dans de nombreux produits, a été détecté dans les plastiques à des concentrations dépassant 1 mg/g .

22 Juil. 2016 : Heavy metals, metalloids and other hazardous elements in marine plastic litter – http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0025326X16305665

  • Plastics, foams and ropes were collected from five beaches in SW England
  • Samples were analysed by field-portable-XRF for various hazardous elements
  • Occurrence of Br and Cl in many foams are attributed to the presence of flame retardants
  • Cd and Pb are the heavy metals of most concern
  • Concentrations of Pb up to 17,500 μg g− 1 were found in plastics and foams
  • Concentrations of Cd exceeding 1000 μg g− 1 were encountered in some plastics

Manche – Sur 504 poissons examinés : plus d’un poisson sur trois a ingéré du plastique

Les micro-plastiques sont omniprésents dans les milieux marins du monde entier. Les études en laboratoire montrent qu’ils peuvent être ingérés par les poissons mais les données sur l’abondance de ces ingestions au sein des populations naturelles restent limitées. Cette étude sur l’ingestion de micro-plastiques par les poissons concerne 10 des espèces présentes dans la Manche. Elle fait état de la présence de plastique dans 36,5% des systèmes digestifs des 504 poissons examinés.  Du plastique a été retrouvé dans chacune des 5 espèces pélagiques [vivant en eaux libres] et dans chacune des 5 espèces démersales [vivant sur le fond]. Sur les 184 poissons contenant du plastique, le nombre moyen de morceaux de plastique observés est de 1,90 ± 0,10. Au total, 351 morceaux de plastique ont été identifiés au spectromètre infrarouge. Les matériaux les plus représenté sont le nylon à hauteur de 35.6%  [filets de pêche entre autres] et les textiles synthétiques à hauteur de 57.8%. Aucune différence significative n’a été constatée dans les quantités de plastique ingéré entre les espèces pélagiques et les espèces démersales. Il est donc démontré, à travers un petit nombre d’espèces analysées, que l’ingestion de plastique par les poissons est généralisée et indépendante de le zone d’alimentation. Des études complémentaires sont nécessaires pour en établir les conséquences.

Source : « Occurrence of microplastics in the gastrointestinal tract of pelagic and demersal fish from the English Channel » – Science direct – 26 Déc. 2012 – http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0025326X12005668

Lire l’étude complète sur le site research gate.

A lire aussi : The Guardian le 24 Janv. 2013 : One-third of fish caught in Channel have plastic contamination, study shows. https://www.theguardian.com/environment/2013/jan/24/fish-channel-plastic-contamination

 

Impact de l’ingestion de polystyrène sur les huîtres.

Source : « Oyster reproduction is affected by exposure to polystyrene microplastics. » – PNAS – 22 Déc. 2015

http://www.pnas.org/content/113/9/2430.full

[Traduction du résumé de l’étude]

Dans le but d’évaluer l’impact des microparticules de polystyrène sur la physiologie des huîtres du Pacifique, des huîtres adultes ont été exposées expérimentalement à des microparticules de polystyrène vierge de 2 et 6 µm de diamètre à une concentration de 0.023 mg/litre pendant deux mois lors de leur cycle de reproduction.

Les effets ont été examinés sur les paramètres écophysiologiques; sur les réactions cellulaires, transcriptoniques et protéomiques; sur la fécondité; et sur le développement des progénitures. Les huîtres ont préférentiellement ingéré les particules de 6 µm de diamètres par rapport à celle de 2 µm de diamètre. La consommation de micro-algues et le taux d’absorption ont été plus intense chez les huîtres exposées, laissant supposer des réactions compensatoires et physiques sur ces deux paramètres digestifs.

Après deux mois, les huîtres exposées ont montré une réduction significative du nombre de leur ovocytes (−38%) et de leur diamètre (−5%) et une réduction de la vélocité de leurs spermatozoïdes (−23%). La production de larves issues d’huîtres exposées au polystyrène a diminué de 41% et le développement de leurs larves a diminué de 18% en comparaison avec les larves d’huîtres non exposées.

Les profils transcriptoniques permettant d’analyser la répartition des ressources énergétiques mise a contribution par les huîtres exposée, suggèrent une diminution des dépenses énergétiques pour la reproduction à la faveur de dépenses énergétiques pour le développement structurel des huîtres.

Les signatures moléculaire des perturbations endocriniennes ont aussi été révélées mais aucun perturbateur endocrinien n’a été relevé dans les échantillons biologiques. Cette étude fourni le preuve du rôle des microparticules de polystyrène dans la modification de l’alimentation et la perturbation de la reproduction des huîtres avec des impacts significatifs sur leurs progénitures.

 

Ingestion de plastique par le Fulmar boréal en Manche et en Mer du Nord

L’abondance de plastique dans l’estomac du Fulmar Boréal en mer du nord  fait partie des objectifs de qualité écologique des eaux pour les déchets marins. Les objectifs préliminaires définissent que le bon état écologique est acceptable si moins 0,1 g de plastique est retrouvé dans moins de de 10% des Fulmars. Entre 2003 et 2007, 95% des 1295 Fulmars examinés en Mer du Nord avaient du plastique dans leur estomac avec une moyenne de 35 morceaux pour un poids moyen de 0,31 g. Le niveau critique de 0,1 g était dépassé par 58% des oiseaux avec des variations régionnales allant de 48 à 78%. Depuis les années 1980 les données indiquent une diminution du plastique industriel mais une hausse du plastique commun avec la pêche et les navires comme principale source. Cet indicateur du bon état écologique est maintenant aussi utilisé par la directive cadre stratégie européenne pour le milieu marin.

Points clés

  • L’évolution de la pollution par les déchets marins peut être surveillée à travers l’analyse des estomacs des oiseaux marins.
  • En Mer du Nord 95% des fulmars ont du plastique dans l’estomac (35 particules; 0,31g)
  • Les objectifs sont de retrouver moins de 10% de fulmars ayant plus de 0,1 g de plastique dans l’estomac.
  • Aujourd’hui 58% des Fulmars de Mer du Nord dépassent la limite critique de 0,1 g.
  • Pendant les 30 dernières années le plastique à usage industriel a diminué mais le plastique à usage commun a augmenté.

Source : « Monitoring plastic ingestion by the northern fulmar Fulmaris glacialis in the North Sea » – Science Direct – 6 Juill. 2011 – http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749111003344

Lire l’article complet ici .

Impact du polystyrène sur les larves de perche commune

Source : « Environmentally relevant concentrations of microplastic particles influence larval fish ecology » – Magazine Science – 3 Juin 2016

http://science.sciencemag.org/content/352/6290/1213\

[Traduction du résumé de l’étude]

Les chercheurs de L’Université d’Uppsala en Norvège ont étudié l’impact des particules de polystyrène sur les oeufs et les larves de la Perche Commune. Les oeufs et les larves ont été soumis à des concentrations de polystyrène normalement rencontrées dans l’environnement. Les chercheurs ont mis en évidence :

  • la diminution du taux d’éclosion des oeufs
  • la diminution des chances de survie des larves
  • la diminution de la taille moyenne des larves
  • la baisse d’activité des individus exposés

Les chercheurs ont également mis en évidence la préférence des larves pour les particules de polystyrène par rapport à leur nourriture habituelle. Ils mettent également en cause une altération de l’odorat des larves causée par le polystyrène pour expliquer leur plus grande vulnérabilité face à leurs prédateurs. C’est l’une des toutes premières études directement faites sur les conséquences de la pollution par les micro-plastiques sur l’éclosion d’oeufs et le développement de larves de poissons. Cette étude vient compléter les connaissances sur les causes de la raréfaction de certaines espèces en Mer Baltique.

Ingestion de plastique par les oiseaux marins

24 Nov. 2016 – Moins de plastique dans l’estomac des Fulmars – http://www.wur.nl/en/Expertise-Services/Research-Institutes/marine-research/show-marine/Plastic-waste-in-the-Sea.htm

Moins de plastique dans l’estomac des Fulmars. « Il n’est pas possible d’identifier une explication unique mais l’attention portée par le public sur la soupe de plastique et les concentrations de déchets dans les gyres océaniques semble peu à peu faire effet. La prise de conscience grandit dans tous les secteurs, dans les politiques et dans l’esprit du public. Il y a une petite amélioration dans la qualité environnementale de la Mer du Nord mais nous n’y sommes pas encore ! »

Ingestion de micro-plastiques par les Nématodes

Sur le site consoglobe, Daniela Zeppilli, chercheuse à l’Ifremer,  tire la sonnette d’alarme pour les Nématodes, vers microscopiques des fonds marins. http://www.consoglobe.com/nematodes-daniela-zeppilli-vers-cg

« Les nématodes sont menacés entre autres par les microplastiques qui polluent les fonds marins et qu’ils ingèrent. Or les nématodes sont les proies d’animaux plus gros, lesquels sont eux-mêmes la cible de bêtes supérieures en taille. Il risque donc d’y avoir « une réaction en cascade qui chamboulerait toute la chaîne alimentaire ». Les plus gros poissons risquent d’être intoxiqués à long terme par ces microplastiques. »

Premières preuves de l’ingestion de micro-plastiques par les animaux marins vivant en profondeur

Source : Taylor, M. L. et al. « Plastic microfibre ingestion by deep-sea organisms. » – 30 Sept. 2016

http://www.nature.com/articles/srep33997

[traduction du résumé de l’étude]

Les déchets en plastique sont un indicateur distinctif de l’impact mondial des activités humaines. Les micro et macro plastiques sont tous deux retrouvés dans les océans mais nous avons peu de connaissances sur leur devenir final et leur impact sur les écosystèmes marins.

Dans cette étude est présentée la première preuve que les micro-plastiques ont déjà intégrés les organismes vivant dans les eaux profondes. En ayant examiné les organismes qui vivent sur les fonds marins profonds il est ici démontré que les micro-fibres sont ingérées et assimilées par les membres d’au moins trois des principales espèces ayant différents mécanismes d’alimentation.

Les résultats démontrent que, malgré leur éloignement, les eaux profondes et leurs habitats fragiles sont déjà exposés aux déchets humains au point que les divers organismes ingèrent des micro-plastiques.

Lire aussi sur le site Science Daily : First evidence of deep-sea animals ingesting microplastics.

Ingestion de plastique par les tortues omnivores

The feeding habit of sea turtles influences their reaction to artificial marine debris – http://www.nature.com/articles/srep28015\

Ingestion of artificial debris is considered as a significant stress for wildlife including sea turtles. To investigate how turtles react to artificial debris under natural conditions, we deployed animal-borne video cameras on loggerhead and green turtles in addition to feces and gut contents analyses from 2007 to 2015. Frequency of occurrences of artificial debris in feces and gut contents collected from loggerhead turtles were 35.7% (10/28) and 84.6% (11/13), respectively. Artificial debris appeared in all green turtles in feces (25/25) and gut contents (10/10), and green turtles ingested more debris (feces; 15.8 ± 33.4 g, gut; 39.8 ± 51.2 g) than loggerhead turtles (feces; 1.6 ± 3.7 g, gut; 9.7 ± 15.0 g). In the video records (60 and 52.5 hours from 10 loggerhead and 6 green turtles, respectively), turtles encountered 46 artificial debris and ingested 23 of them. The encounter-ingestion ratio of artificial debris in green turtles (61.8%) was significantly higher than that in loggerhead turtles (16.7%). Loggerhead turtles frequently fed on gelatinous prey (78/84), however, green turtles mainly fed marine algae (156/210), and partly consumed gelatinous prey (10/210). Turtles seemed to confuse solo drifting debris with their diet, and omnivorous green turtles were more attracted by artificial debris.

Omnivorous Turtles More Likely To Consume Marine Debris

Source : Asian Scientist Newsroom, 28 Juin 2016. Lire l’article sur le site Asian Scientist.

Plastic and marine turtles: a review and call for research

Source : ICES Journal of Marine Science – 09 Oct. 2015 : http://icesjms.oxfordjournals.org/content/early/2015/09/26/icesjms.fsv165.full.pdf

Ingestion de micro-plastiques par le zooplancton

SOURCE : MICROPLASTIC INGESTION BY ZOOPLANKTON – 21 MAI 2013 – ACS PUBLICATIONS

Microplastic Ingestion by Zooplankton : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/es400663f

[traduction du résumé de l’étude]

Les déchets en plastique de petite taille, les micro-plastiques, constituent un polluant généralisé et omniprésent dans les écosystèmes marins du monde entier. L’ingestion de plastique par les organismes marins est amplement décrite pour les moules, les vers, les poissons et les oiseaux mais l’impact de l’ingestion de micro-plastique par le zooplancton reste très peu étudiée malgré son importance vitale dans la chaîne alimentaire marine.

Il est ici démontré que les micro-plastiques sont ingérés par le zooplancton et peuvent l’impacter. Les techniques de bio-imagerie ont été utilisées pour monter l’ingestion, l’excretion et l’adhérence des micro-plastiques sur un éventail de zooplanctons communs à l’Atlantique nord. Des niveaux d’alimentation expérimentaux ont été utilisés pour définir l’impact des déchets en plastique sur l’ingestion d’algues sur les Copépodes.

En utilisant la fluorescence et la microscopie CARS, il a été identifié que 13 taxons de zooplancton avaient la capacité d’ingérer des sphérules de polystyrène de 1.7 à 30.6 μm avec des prises variant en fonction des individus, de leur niveau d’évolution et de la taille des sphérules. Après l’ingestion, les Copépodes ont exécré des boulettes fécales chargées de micro-plastiques.

Il a aussi été observé que les micro-plastiques adhèrent à la carapace et aux appendices du zooplacton. Une comparaison entre l’exposition des Copépodes à un assemblage d’algues naturelles avec ou sans micro-plastiques a montré que les particules de 7.3 μm à une concentration de 4000 particules par litre réduisent considérablement l’alimentation en algues. Les découvertes montrent l’impact négatif des micro-plastiques sur le zooplancton.

Lire aussi : Research highlights: impacts of microplastics on plankton

 

Mammifères marins : ingestion et emmêlement

25 Mars 2016 – What a WASTE ! A fishing net, part of a car engine and plastic buckets are found in the stomachs of 13 sperm whales which washed up on a German beach.

Un filet de pêche de 13 mètres, un cache moteur de voiture de 70 cm et un seau retrouvés dans l’estomac de 13 baleines échouées en Allemagne.

http://www.dailymail.co.uk/news/article-3509625/What-WASTE-fishing-net-car-engine-plastic-buckets-stomachs-13-sperm-whales-washed-German-beach.html#ixzz4NDuSIgTj

28 Sept. 2016 – npr.org – Whales, Sea Turtles, Seals : The Unintended Catch Of Abandoned Fishing Gear. 

http://www.npr.org/sections/thesalt/2016/09/28/495777033/whales-sea-turtles-seals-the-unintended-catch-of-abandoned-fishing-gear

06 Sept. 2016 – Observatoire Pélagis : Une étude internationale révèle l’ingestion de grandes quantités de déchets par les cachalots

En janvier et février 2016, une trentaine de cachalots s’échouaient sur les côtes de la mer du Nord. Depuis, l’analyse du contenu de leur estomac a révélé que 9 individus sur les 22 examinés avaient ingérés en mer des déchets d’origine humaine : débris de matériel de pêche, cordages, sacs plastiques, emballages alimentaires, capsules de café et même un débris de voiture. Le cachalot échoué dans le Pas-de-Calais le 2 février 2016 remporte la triste palme de l’individu présentant la plus grande quantité de déchets retrouvés dans l’estomac : 25 kg !

Lire sur le site Pelagis : Une étude internationale révèle l’ingestion de grandes quantités de déchets par les cachalots

Août 2016 – Revue scientifique Science Direct : Un nombre important de déchets a été retrouvé dans les baleines qui se sont échouées sur les côtes de la Mer du Nord début 2016.

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0025326X16306592\

30 sperm whales (Physeter macrocephalus) stranded along the coasts of the North Sea between January and February 2016. The gastro-intestinal tracts of 22 of the carcasses were investigated. Marine debris including netting, ropes, foils, packaging material and a part of a car were found in nine of the 22 individuals. Here we provide details about the findings and consequences for the animals. While none of the items was responsible for the death of the animal, the findings demonstrate the high level of exposure to marine debris and associated risks for large predators, such as the sperm whale. Highlights : Stranded sperm whales had large amounts of marine debris in their stomachs – Up to 25 kg of debris were collected from a single animal – Fishing related debris represented a high proportion of the findings. – General litter consisted of items of daily use (coffee capsule, chocolate wrappings) – Findings demonstrate the risks associated with the ingestion of marine debris.

http://www.tnp.no/norway/panorama/5450-norwegian-whale-found-off-the-west-coast-with-30-plastic-bags-in-its-stomach

 

Fragments de micro-plastiques et de micro-billes dans les tubes digestifs de poissons planctonivores dans les eaux côtières urbaines

 

SOURCE : « MICROPLASTIC FRAGMENTS AND MICROBEADS IN DIGESTIVE TRACTS OF PLANKTIVOROUS FISH FROM URBAN COASTAL WATERS » – TANAKA, K. AND TAKADA, H. SCI. – NATURE – 2016

http://www.nature.com/articles/srep34351\

[Traduction du résumé de la publication]

Une équipe japonaise a étudié la présence de micro-plastiques dans les intestins de 64 anchois prélevés dans la Baie de Tokyo. La présence de micro-plastique a été détectée dans 49 des 64 poissons (77%) avec une moyenne de 2,3 morceaux par individu et un maximum de 15 morceaux a été relevé. La nature de tous les morceaux de plastique a été identifiée au spectromètre infrarouge à séries de Fourier.

La plupart étaient en polyéthylène (52,0%) ou en polypropylène (43,0%). La majorité des micro-plastiques avaient la forme de fragments (86,0%) et 7,3% étaient des micro-billes dont certaines étaient similaires à celles contenues dans les produits de gommage pour le visage. 80% des plastiques mesuraient entre 150 μm et 1000 μm, soit des tailles inférieures à celles mesurées parmi les micro-plastiques flottant en surface. La préférence alimentaire de ces poissons sous la surface de l’eau reflète probablement la distribution des différentes tailles des micro-plastiques entre les eaux de surface et les eaux situées en dessous. Les anchois sont largement consommés par les humains et d\’autres organismes dans le monde. Ces observations confirment que les micro-plastiques ont infiltré l’écosystème marin et que les humains sont susceptibles d’y être exposés. Parce que les micro-plastiques retiennent des substances chimiques dangereuses, l’augmentation de l’exposition des poissons aux produits chimiques via les micro-plastiques est préoccupante. Cette exposition aux produits chimiques contenus dans les micro-plastiques devrait étudiée et comparée avec celle  observée dans la nourriture naturelle.

Les micro-plastiques transmettent des substances polluantes et des additifs aux Arénicoles

SOURCE : MICROPLASTIC MOVES POLLUTANTS AND ADDITIVES TO WORMS, REDUCING FUNCTIONS LINKED TO HEALTH AND BIODIVERSITY: HTTP://WWW.CELL.COM/CURRENT-BIOLOGY/ABSTRACT/S0960-9822(13)01253-0

[traduction du résumé de l’étude]

La fragmentation du plastique en petits morceaux entraîne une augmentation du nombre de micro-plastiques par rapport aux plus gros débris. Quand il est ingéré par les animaux, le plastique devient un moyen de transfer pour les polluants et les additifs chimiques vers les tissus. Le lien entre la présence de polluants dans le tissus des animaux et la concentration de plastique ingéré est évident mais peu d’expériences ont étudié si les polluants et les additifs sont réellement transmis par le plastique. Des vers de sable ont été exposés à du sable contenant 5% de micro-plastiques contenant des polluants chimiques  (nonylphénol and phénanthrène) et contenant des additifs chimiques (du Triclosan, un antimicrobien, et du PBDE-47, un retardateur de flamme). Les micro-plastiques transfèrent les polluants et les additifs chimiques aux intestins des vers de sable, causant des troubles biologique. Le sable transmet encore plus de polluants dans leurs tissus. L’ingestion de nonylphénol issus du PVC ou du sable réduit de 60% la capacité des coelomocytes à éliminer les bactéries pathogènes . L’ingestion du Triclosan issu du PVC diminue la capacité des vers à traiter les sédiments et a causé une augmentation de leur mortalité de 55% alors que le PVC seul a rendu les vers plus sensibles au stress oxydant de 30%. Avec l’accélération de la contamination par les micro-plastiques, cette étude indique que celle-ci peu nuire aux fonctions écophysiologiques des organismes vivants.

Présence de micro-plastiques dans le système digestif de la sole et de l’éperlan dans la Tamise.

Source : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749116314816 – Presence of microplastic in the digestive tracts of European flounder, Platichthys flesus, and European smelt, Osmerus eperlanus, from the River Thames – 30 Sept. 2016 – Sciencedirect.

[Traduction du résumé de l’étude]

Points-clés :

  • Des fibres plastiques ont été retrouvées dans les poissons de la Tamise.
  • 75% des soles analysées ont ingéré des fibres plastiques.
  • La plupart des fibres retrouvées sont de couleur noire.
  • Les fibres ont été identifiées : acrylique, nylon, polyéthylène, PET et polyamides.

Résumé

Comme dans de nombreux bassins urbains, la Tamise à Londres est contaminée par le plastique. Ce polluant est présent sur les berges, sur le fond et dans la colonne d’eau.

La présente étude a été menée pour évaluer l’ampleur de l’ingestion de plastique par deux poissons de la Tamise : la sole européenne (Platichthys flesus) et l’éperlan européen (Osmerus eperlanus). Les individus ont été prélevés sur deux sites du Kent : à Erith  sur la Tamise et à l’Ile de Grain près de Sheerness dans l’estuaire.

Les résultats révèlent que des fibres plastiques ont été retrouvées dans 75% des intestins des soles prélevées pour seulement 20% dans ceux des éperlans. Cette différence peut être liée à leurs préférences alimentaires: les soles se nourrissent sur le fond alors que les éperlans sont des prédateurs pélagiques. Les fibres retrouvées sont principalement du polyamide rouge et noir et les autres fibres sont de l’acrylique, du nylon, du polyéthylène, et du PET, et aucune différence n’a été relevée entre les deux sites de prélèvement.

Ingestion de plastique par le corail

Source : Marine biology – Fév. 2015 – Microplastic ingestion by scleractinian corals – http://link.springer.com/article/10.1007/s00227-015-2619-7

Il est ici dévoilé pour la première fois l’ingestion de plastique par les coraux durs et la présence de micro-plastiques dans les eaux bordant la Grande Barrière de Corail australienne  (18°31′S 146°23′E). L’analyse de prélèvements de planctons de surface conduites à proximité de la Grande barrière de Corail a révélé la présence de microplastiques similaires à ceux utilisés dans les peintures marines et les équipements de pêche en faible concentration sur chaque site de prélèvement. Des tests d’alimentation expérimentaux ont révélé que le corail confond les micro-plastiques avec leurs proies et peuvent en ingérer jusqu’à 50 micro-grammes par cm2 et par heure, taux d’ingestion similaires à leur consommation de plancton et d’Artémia constatés lors d’expériences d’alimentation. Les micro-plastiques ingérés ont été retrouvés enveloppés dans les tissus mésentériques des tubes digestifs de coraux, suggérant qu’une forte concentration de micro-plastiques peut potentiellement détériorer la santé des coraux.

Le spécialiste de l’ingestion de plastique par les oiseaux marins réagit à l’étude américaine sur le DMS

Traduction de l’interview parue le 14 Novembre : https://resource.wur.nl/nl/wetenschap/show/Plastic-met-zeegeur-Onrealistisch.htm

Les Pétrels mangent du plastique parce qu’ils pensent que c’est de la nourriture. L’erreur serait due à un signal olfactif dégagé par une algue. Le biologiste Jan Andries van Franeker de l’Institut de Recherche Marine de Den Helder estime que ce n’est pas la seule raison. M. Franeker réagit aux recherches de l’université américaine UC Davis qui ont attiré l’attention internationale la semaine dernière. « Une belle théorie », dit-il, « mais peu étayée ». Ressource magasine lui a demandé pourquoi.

Les oiseaux marins ont un bon odorat ?

« Il y a de grandes différences entre les oiseaux marins au niveau de leur odorat. Les Pétrels appartiennent au groupe dont l’odorat est développé. Il utilise cette capacité pour trouver de la nourriture et retrouver l’emplacement de leur colonie dans le mauvais temps. Il n’y a aucun doute sur le fait que l’odorat joue un rôle dans leur vie. »

L’odeur peut donc jouer un rôle dans l’ingestion de plastique ?

« Ce n’est pas une mauvaise théorie. Les oiseaux utilisent leur odorat pour se nourrir, comme lorsqu’on les voit manger les déchets de cuisine jetés par les navires.  Les signaux olfactifs jouent un rôle dans la prise de nourriture pour certains oiseaux. Le problème avec cette étude, c’est que les auteurs n’apportent pas de preuve évidente sur le lien entre le plastique dans les océans et les signaux olfactifs. »

Et à propos de l’odeur dégagée par les algues qui se fixent au plastique ?

« Le signal olfactif DMS (le Sulfure de Diméthyle) apparait normalement quand le phytoplancton (une algue flottante) est mangé par le zooplancton. Certaines algues s’accrochent au plastique sous la forme d’un biofilm. Si le zooplancton vient brouter le biofilm alors le DMS se dégage et les oiseaux se font avoir. Les oiseaux mangent du zooplancton. »

Donc l’hypothèse pourrait être bonne ?

« En mer les signaux olfactifs interviennent dans la recherche de zones de nourriture mais il est peu probable que le DMS y joue un rôle important. Il faudrait pour cela qu’un signal olfactif suffisant soit généré quand le zooplancton est en train de brouter les algues. C’est une hypothèse tout à fait irréaliste. Les chercheurs n’ont fait que démontrer la présence du signal en laboratoire. »

Tout est faux alors ?

« Je pense que le DMS peut au mieux jouer un rôle indirect. Ce à quoi je suis fermement opposé, ce sont les recommandations ensuite faites par les chercheurs : ils recommandent l’utilisation de substances anti-fouling contre le développement des algues sur le plastique. C’est vraiment une idée complètement stupide : ils recommandent d’ajouter des substances toxiques dont les effets vont se propager avec le plastique dans les océans. Les effets de tels additifs seront bien pires que la supposée maladie. »

Les oiseaux marins ingèrent les déchets plastiques à cause de leur odeur.

 

Source : Sciences Advances – 9 Nov. 2016 – Marine plastic debris emits a keystone infochemical for olfactory foraging seabirds – http://advances.sciencemag.org/content/2/11/e1600395

[traduction du résumé de l’article]

Les déchets plastiques sont ingérés par des centaines d’espèces allant du zooplancton à la baleine, mais la raison pour laquelle une telle diversité d’organismes peut confondre le plastique avec la nourriture naturelle est inconnue. Les mécanismes sensoriels entraînant la détection et la consommation de plastique ont rarement été examinés dans le contexte des signaux sensoriels mis en jeux dans le chaîne alimentaire marine. Il est ici expérimentalement démontré que les micro-plastiques ayant « mariné dans l’eau de mer » produisent du sulfure de diméthyle (DMS), une signature clé pour les interactions trophiques naturelles. Il est aussi démontré une relation positive entre la réactivité au DMS et la fréquence d’ingestion de plastique en utilisant des oiseaux marins procellaires comme modèle de groupe taxonomique. Ces résultats suggèrent que les déchets en plastique émettent l’odeur d’une information chimique marine, créant ainsi un piège olfactif pour les animaux marins.

Lire l’étude complète en anglais sur le site Science Advances. Lire l’article du journal Le Monde.

Lire la réaction du Dr. Franeker parue le 14 Novembre – spécialiste hollandais de l’ingestion de plastique par les oiseaux marins.