Les produits toxiques libérés par les micro-plastiques nuisent au dévelopement des larves de moules

Source : Science Direct – Octobre 2016 : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0043135416307667

Highlights

  • An effective procedure for testing toxicity to microplastics’ leachate is presented.
  • Brown mussel embryo is sensitive to leachate from both virgin and beached pellets.
  • Leachate from beached pellets completely impaired mussel embryo development.
  • Additives and contaminants adsorbed onto pellets may have caused the toxic effect.

Microplastic debris is a pervasive type of contaminant in marine ecosystems, being considered a major threat to marine biota. One of the problems of microplastics is that they can adsorb contaminants in extremely high concentrations. When released from the particle, these contaminants have the potential to cause toxic effects in the biota. So far, reports of toxic effects are mostly linked with the direct exposure of organisms through ingestion of contaminated microplastics. There is little information on the toxicity of leachates from microplastics to marine organisms. In this study, we conducted experiments to evaluate the toxicity of leachates from virgin and beached plastic pellets to embryo development of the brown mussel (Perna perna). We compared the efficiency of two test procedures, and evaluated the toxicity of beached pellets collected in a coastal marine protected area. We observed that mussel embryo is sensitive to leachate from both virgin and beached pellets. However, the toxicity of the leachate from beached pellets was much higher than that of virgin pellets. We suggest contaminants adsorbed onto the surface of beached pellets were responsible for the high toxicity of leachate from beached pellets, while the toxicity of leachate from virgin pellets was mainly due to plastic additives. Our results suggest microplastic debris may be harmful even if ingestion is not the only or main pathway of interaction of marine organisms with contaminated plastic debris.

Lire l’article sur le site de Nurddle Hunt.

Manche Est – Métaux lourds, métaloïdes et autres substances dangereuses dans les déchets plastiques.

Des plastiques, de la mousse et des cordages collectés sur cinq plages du Sud-Ouest de l’Angleterre ont été analysés au spectromètre pour détecter la présences de plusieurs éléments dangereux. De fortes concentrations de Chlore et de Brome ont été relevées et attribuées à la présence de retardateurs de flamme. Concernant les métaux lourds et les métaloïdes, le Cadmium et le Plomb sont très préoccupants pour l’environnement. Des concentrations de Plomb atteignant 17,5 mg/g ont été mesurées et sont dues à son utilisation historique comme stabilisateurs, colorants et catalyseurs dans l’industrie du plastique. Le Cadmium, utilisé comme stabilisateur et comme colorant dans de nombreux produits, a été détecté dans les plastiques à des concentrations dépassant 1 mg/g .

22 Juil. 2016 : Heavy metals, metalloids and other hazardous elements in marine plastic litter – http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0025326X16305665

  • Plastics, foams and ropes were collected from five beaches in SW England
  • Samples were analysed by field-portable-XRF for various hazardous elements
  • Occurrence of Br and Cl in many foams are attributed to the presence of flame retardants
  • Cd and Pb are the heavy metals of most concern
  • Concentrations of Pb up to 17,500 μg g− 1 were found in plastics and foams
  • Concentrations of Cd exceeding 1000 μg g− 1 were encountered in some plastics

Manche – Sur 504 poissons examinés : plus d’un poisson sur trois a ingéré du plastique

Les micro-plastiques sont omniprésents dans les milieux marins du monde entier. Les études en laboratoire montrent qu’ils peuvent être ingérés par les poissons mais les données sur l’abondance de ces ingestions au sein des populations naturelles restent limitées. Cette étude sur l’ingestion de micro-plastiques par les poissons concerne 10 des espèces présentes dans la Manche. Elle fait état de la présence de plastique dans 36,5% des systèmes digestifs des 504 poissons examinés.  Du plastique a été retrouvé dans chacune des 5 espèces pélagiques [vivant en eaux libres] et dans chacune des 5 espèces démersales [vivant sur le fond]. Sur les 184 poissons contenant du plastique, le nombre moyen de morceaux de plastique observés est de 1,90 ± 0,10. Au total, 351 morceaux de plastique ont été identifiés au spectromètre infrarouge. Les matériaux les plus représenté sont le nylon à hauteur de 35.6%  [filets de pêche entre autres] et les textiles synthétiques à hauteur de 57.8%. Aucune différence significative n’a été constatée dans les quantités de plastique ingéré entre les espèces pélagiques et les espèces démersales. Il est donc démontré, à travers un petit nombre d’espèces analysées, que l’ingestion de plastique par les poissons est généralisée et indépendante de le zone d’alimentation. Des études complémentaires sont nécessaires pour en établir les conséquences.

Source : « Occurrence of microplastics in the gastrointestinal tract of pelagic and demersal fish from the English Channel » – Science direct – 26 Déc. 2012 – http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0025326X12005668

Lire l’étude complète sur le site research gate.

A lire aussi : The Guardian le 24 Janv. 2013 : One-third of fish caught in Channel have plastic contamination, study shows. https://www.theguardian.com/environment/2013/jan/24/fish-channel-plastic-contamination

 

Impact de l’ingestion de polystyrène sur les huîtres.

Source : « Oyster reproduction is affected by exposure to polystyrene microplastics. » – PNAS – 22 Déc. 2015

http://www.pnas.org/content/113/9/2430.full

[Traduction du résumé de l’étude]

Dans le but d’évaluer l’impact des microparticules de polystyrène sur la physiologie des huîtres du Pacifique, des huîtres adultes ont été exposées expérimentalement à des microparticules de polystyrène vierge de 2 et 6 µm de diamètre à une concentration de 0.023 mg/litre pendant deux mois lors de leur cycle de reproduction.

Les effets ont été examinés sur les paramètres écophysiologiques; sur les réactions cellulaires, transcriptoniques et protéomiques; sur la fécondité; et sur le développement des progénitures. Les huîtres ont préférentiellement ingéré les particules de 6 µm de diamètres par rapport à celle de 2 µm de diamètre. La consommation de micro-algues et le taux d’absorption ont été plus intense chez les huîtres exposées, laissant supposer des réactions compensatoires et physiques sur ces deux paramètres digestifs.

Après deux mois, les huîtres exposées ont montré une réduction significative du nombre de leur ovocytes (−38%) et de leur diamètre (−5%) et une réduction de la vélocité de leurs spermatozoïdes (−23%). La production de larves issues d’huîtres exposées au polystyrène a diminué de 41% et le développement de leurs larves a diminué de 18% en comparaison avec les larves d’huîtres non exposées.

Les profils transcriptoniques permettant d’analyser la répartition des ressources énergétiques mise a contribution par les huîtres exposée, suggèrent une diminution des dépenses énergétiques pour la reproduction à la faveur de dépenses énergétiques pour le développement structurel des huîtres.

Les signatures moléculaire des perturbations endocriniennes ont aussi été révélées mais aucun perturbateur endocrinien n’a été relevé dans les échantillons biologiques. Cette étude fourni le preuve du rôle des microparticules de polystyrène dans la modification de l’alimentation et la perturbation de la reproduction des huîtres avec des impacts significatifs sur leurs progénitures.

 

Ingestion de plastique par le Fulmar boréal en Manche et en Mer du Nord

L’abondance de plastique dans l’estomac du Fulmar Boréal en mer du nord  fait partie des objectifs de qualité écologique des eaux pour les déchets marins. Les objectifs préliminaires définissent que le bon état écologique est acceptable si moins 0,1 g de plastique est retrouvé dans moins de de 10% des Fulmars. Entre 2003 et 2007, 95% des 1295 Fulmars examinés en Mer du Nord avaient du plastique dans leur estomac avec une moyenne de 35 morceaux pour un poids moyen de 0,31 g. Le niveau critique de 0,1 g était dépassé par 58% des oiseaux avec des variations régionnales allant de 48 à 78%. Depuis les années 1980 les données indiquent une diminution du plastique industriel mais une hausse du plastique commun avec la pêche et les navires comme principale source. Cet indicateur du bon état écologique est maintenant aussi utilisé par la directive cadre stratégie européenne pour le milieu marin.

Points clés

  • L’évolution de la pollution par les déchets marins peut être surveillée à travers l’analyse des estomacs des oiseaux marins.
  • En Mer du Nord 95% des fulmars ont du plastique dans l’estomac (35 particules; 0,31g)
  • Les objectifs sont de retrouver moins de 10% de fulmars ayant plus de 0,1 g de plastique dans l’estomac.
  • Aujourd’hui 58% des Fulmars de Mer du Nord dépassent la limite critique de 0,1 g.
  • Pendant les 30 dernières années le plastique à usage industriel a diminué mais le plastique à usage commun a augmenté.

Source : « Monitoring plastic ingestion by the northern fulmar Fulmaris glacialis in the North Sea » – Science Direct – 6 Juill. 2011 – http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749111003344

Lire l’article complet ici .

Impact du polystyrène sur les larves de perche commune

Source : « Environmentally relevant concentrations of microplastic particles influence larval fish ecology » – Magazine Science – 3 Juin 2016

http://science.sciencemag.org/content/352/6290/1213\

[Traduction du résumé de l’étude]

Les chercheurs de L’Université d’Uppsala en Norvège ont étudié l’impact des particules de polystyrène sur les oeufs et les larves de la Perche Commune. Les oeufs et les larves ont été soumis à des concentrations de polystyrène normalement rencontrées dans l’environnement. Les chercheurs ont mis en évidence :

  • la diminution du taux d’éclosion des oeufs
  • la diminution des chances de survie des larves
  • la diminution de la taille moyenne des larves
  • la baisse d’activité des individus exposés

Les chercheurs ont également mis en évidence la préférence des larves pour les particules de polystyrène par rapport à leur nourriture habituelle. Ils mettent également en cause une altération de l’odorat des larves causée par le polystyrène pour expliquer leur plus grande vulnérabilité face à leurs prédateurs. C’est l’une des toutes premières études directement faites sur les conséquences de la pollution par les micro-plastiques sur l’éclosion d’oeufs et le développement de larves de poissons. Cette étude vient compléter les connaissances sur les causes de la raréfaction de certaines espèces en Mer Baltique.

Ingestion de plastique par les oiseaux marins

24 Nov. 2016 – Moins de plastique dans l’estomac des Fulmars – http://www.wur.nl/en/Expertise-Services/Research-Institutes/marine-research/show-marine/Plastic-waste-in-the-Sea.htm

Moins de plastique dans l’estomac des Fulmars. « Il n’est pas possible d’identifier une explication unique mais l’attention portée par le public sur la soupe de plastique et les concentrations de déchets dans les gyres océaniques semble peu à peu faire effet. La prise de conscience grandit dans tous les secteurs, dans les politiques et dans l’esprit du public. Il y a une petite amélioration dans la qualité environnementale de la Mer du Nord mais nous n’y sommes pas encore ! »

Ingestion de micro-plastiques par les Nématodes

Sur le site consoglobe, Daniela Zeppilli, chercheuse à l’Ifremer,  tire la sonnette d’alarme pour les Nématodes, vers microscopiques des fonds marins. http://www.consoglobe.com/nematodes-daniela-zeppilli-vers-cg

« Les nématodes sont menacés entre autres par les microplastiques qui polluent les fonds marins et qu’ils ingèrent. Or les nématodes sont les proies d’animaux plus gros, lesquels sont eux-mêmes la cible de bêtes supérieures en taille. Il risque donc d’y avoir « une réaction en cascade qui chamboulerait toute la chaîne alimentaire ». Les plus gros poissons risquent d’être intoxiqués à long terme par ces microplastiques. »

Premières preuves de l’ingestion de micro-plastiques par les animaux marins vivant en profondeur

Source : Taylor, M. L. et al. « Plastic microfibre ingestion by deep-sea organisms. » – 30 Sept. 2016

http://www.nature.com/articles/srep33997

[traduction du résumé de l’étude]

Les déchets en plastique sont un indicateur distinctif de l’impact mondial des activités humaines. Les micro et macro plastiques sont tous deux retrouvés dans les océans mais nous avons peu de connaissances sur leur devenir final et leur impact sur les écosystèmes marins.

Dans cette étude est présentée la première preuve que les micro-plastiques ont déjà intégrés les organismes vivant dans les eaux profondes. En ayant examiné les organismes qui vivent sur les fonds marins profonds il est ici démontré que les micro-fibres sont ingérées et assimilées par les membres d’au moins trois des principales espèces ayant différents mécanismes d’alimentation.

Les résultats démontrent que, malgré leur éloignement, les eaux profondes et leurs habitats fragiles sont déjà exposés aux déchets humains au point que les divers organismes ingèrent des micro-plastiques.

Lire aussi sur le site Science Daily : First evidence of deep-sea animals ingesting microplastics.

Ingestion de plastique par les tortues omnivores

The feeding habit of sea turtles influences their reaction to artificial marine debris – http://www.nature.com/articles/srep28015\

Ingestion of artificial debris is considered as a significant stress for wildlife including sea turtles. To investigate how turtles react to artificial debris under natural conditions, we deployed animal-borne video cameras on loggerhead and green turtles in addition to feces and gut contents analyses from 2007 to 2015. Frequency of occurrences of artificial debris in feces and gut contents collected from loggerhead turtles were 35.7% (10/28) and 84.6% (11/13), respectively. Artificial debris appeared in all green turtles in feces (25/25) and gut contents (10/10), and green turtles ingested more debris (feces; 15.8 ± 33.4 g, gut; 39.8 ± 51.2 g) than loggerhead turtles (feces; 1.6 ± 3.7 g, gut; 9.7 ± 15.0 g). In the video records (60 and 52.5 hours from 10 loggerhead and 6 green turtles, respectively), turtles encountered 46 artificial debris and ingested 23 of them. The encounter-ingestion ratio of artificial debris in green turtles (61.8%) was significantly higher than that in loggerhead turtles (16.7%). Loggerhead turtles frequently fed on gelatinous prey (78/84), however, green turtles mainly fed marine algae (156/210), and partly consumed gelatinous prey (10/210). Turtles seemed to confuse solo drifting debris with their diet, and omnivorous green turtles were more attracted by artificial debris.

Omnivorous Turtles More Likely To Consume Marine Debris

Source : Asian Scientist Newsroom, 28 Juin 2016. Lire l’article sur le site Asian Scientist.

Plastic and marine turtles: a review and call for research

Source : ICES Journal of Marine Science – 09 Oct. 2015 : http://icesjms.oxfordjournals.org/content/early/2015/09/26/icesjms.fsv165.full.pdf

Ingestion de micro-plastiques par le zooplancton

SOURCE : MICROPLASTIC INGESTION BY ZOOPLANKTON – 21 MAI 2013 – ACS PUBLICATIONS

Microplastic Ingestion by Zooplankton : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/es400663f

[traduction du résumé de l’étude]

Les déchets en plastique de petite taille, les micro-plastiques, constituent un polluant généralisé et omniprésent dans les écosystèmes marins du monde entier. L’ingestion de plastique par les organismes marins est amplement décrite pour les moules, les vers, les poissons et les oiseaux mais l’impact de l’ingestion de micro-plastique par le zooplancton reste très peu étudiée malgré son importance vitale dans la chaîne alimentaire marine.

Il est ici démontré que les micro-plastiques sont ingérés par le zooplancton et peuvent l’impacter. Les techniques de bio-imagerie ont été utilisées pour monter l’ingestion, l’excretion et l’adhérence des micro-plastiques sur un éventail de zooplanctons communs à l’Atlantique nord. Des niveaux d’alimentation expérimentaux ont été utilisés pour définir l’impact des déchets en plastique sur l’ingestion d’algues sur les Copépodes.

En utilisant la fluorescence et la microscopie CARS, il a été identifié que 13 taxons de zooplancton avaient la capacité d’ingérer des sphérules de polystyrène de 1.7 à 30.6 μm avec des prises variant en fonction des individus, de leur niveau d’évolution et de la taille des sphérules. Après l’ingestion, les Copépodes ont exécré des boulettes fécales chargées de micro-plastiques.

Il a aussi été observé que les micro-plastiques adhèrent à la carapace et aux appendices du zooplacton. Une comparaison entre l’exposition des Copépodes à un assemblage d’algues naturelles avec ou sans micro-plastiques a montré que les particules de 7.3 μm à une concentration de 4000 particules par litre réduisent considérablement l’alimentation en algues. Les découvertes montrent l’impact négatif des micro-plastiques sur le zooplancton.

Lire aussi : Research highlights: impacts of microplastics on plankton

 

Mammifères marins : ingestion et emmêlement

25 Mars 2016 – What a WASTE ! A fishing net, part of a car engine and plastic buckets are found in the stomachs of 13 sperm whales which washed up on a German beach.

Un filet de pêche de 13 mètres, un cache moteur de voiture de 70 cm et un seau retrouvés dans l’estomac de 13 baleines échouées en Allemagne.

http://www.dailymail.co.uk/news/article-3509625/What-WASTE-fishing-net-car-engine-plastic-buckets-stomachs-13-sperm-whales-washed-German-beach.html#ixzz4NDuSIgTj

28 Sept. 2016 – npr.org – Whales, Sea Turtles, Seals : The Unintended Catch Of Abandoned Fishing Gear. 

http://www.npr.org/sections/thesalt/2016/09/28/495777033/whales-sea-turtles-seals-the-unintended-catch-of-abandoned-fishing-gear

06 Sept. 2016 – Observatoire Pélagis : Une étude internationale révèle l’ingestion de grandes quantités de déchets par les cachalots

En janvier et février 2016, une trentaine de cachalots s’échouaient sur les côtes de la mer du Nord. Depuis, l’analyse du contenu de leur estomac a révélé que 9 individus sur les 22 examinés avaient ingérés en mer des déchets d’origine humaine : débris de matériel de pêche, cordages, sacs plastiques, emballages alimentaires, capsules de café et même un débris de voiture. Le cachalot échoué dans le Pas-de-Calais le 2 février 2016 remporte la triste palme de l’individu présentant la plus grande quantité de déchets retrouvés dans l’estomac : 25 kg !

Lire sur le site Pelagis : Une étude internationale révèle l’ingestion de grandes quantités de déchets par les cachalots

Août 2016 – Revue scientifique Science Direct : Un nombre important de déchets a été retrouvé dans les baleines qui se sont échouées sur les côtes de la Mer du Nord début 2016.

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0025326X16306592\

30 sperm whales (Physeter macrocephalus) stranded along the coasts of the North Sea between January and February 2016. The gastro-intestinal tracts of 22 of the carcasses were investigated. Marine debris including netting, ropes, foils, packaging material and a part of a car were found in nine of the 22 individuals. Here we provide details about the findings and consequences for the animals. While none of the items was responsible for the death of the animal, the findings demonstrate the high level of exposure to marine debris and associated risks for large predators, such as the sperm whale. Highlights : Stranded sperm whales had large amounts of marine debris in their stomachs – Up to 25 kg of debris were collected from a single animal – Fishing related debris represented a high proportion of the findings. – General litter consisted of items of daily use (coffee capsule, chocolate wrappings) – Findings demonstrate the risks associated with the ingestion of marine debris.

http://www.tnp.no/norway/panorama/5450-norwegian-whale-found-off-the-west-coast-with-30-plastic-bags-in-its-stomach

 

Fragments de micro-plastiques et de micro-billes dans les tubes digestifs de poissons planctonivores dans les eaux côtières urbaines

 

SOURCE : « MICROPLASTIC FRAGMENTS AND MICROBEADS IN DIGESTIVE TRACTS OF PLANKTIVOROUS FISH FROM URBAN COASTAL WATERS » – TANAKA, K. AND TAKADA, H. SCI. – NATURE – 2016

http://www.nature.com/articles/srep34351\

[Traduction du résumé de la publication]

Une équipe japonaise a étudié la présence de micro-plastiques dans les intestins de 64 anchois prélevés dans la Baie de Tokyo. La présence de micro-plastique a été détectée dans 49 des 64 poissons (77%) avec une moyenne de 2,3 morceaux par individu et un maximum de 15 morceaux a été relevé. La nature de tous les morceaux de plastique a été identifiée au spectromètre infrarouge à séries de Fourier.

La plupart étaient en polyéthylène (52,0%) ou en polypropylène (43,0%). La majorité des micro-plastiques avaient la forme de fragments (86,0%) et 7,3% étaient des micro-billes dont certaines étaient similaires à celles contenues dans les produits de gommage pour le visage. 80% des plastiques mesuraient entre 150 μm et 1000 μm, soit des tailles inférieures à celles mesurées parmi les micro-plastiques flottant en surface. La préférence alimentaire de ces poissons sous la surface de l’eau reflète probablement la distribution des différentes tailles des micro-plastiques entre les eaux de surface et les eaux situées en dessous. Les anchois sont largement consommés par les humains et d\’autres organismes dans le monde. Ces observations confirment que les micro-plastiques ont infiltré l’écosystème marin et que les humains sont susceptibles d’y être exposés. Parce que les micro-plastiques retiennent des substances chimiques dangereuses, l’augmentation de l’exposition des poissons aux produits chimiques via les micro-plastiques est préoccupante. Cette exposition aux produits chimiques contenus dans les micro-plastiques devrait étudiée et comparée avec celle  observée dans la nourriture naturelle.

Les micro-plastiques transmettent des substances polluantes et des additifs aux Arénicoles

SOURCE : MICROPLASTIC MOVES POLLUTANTS AND ADDITIVES TO WORMS, REDUCING FUNCTIONS LINKED TO HEALTH AND BIODIVERSITY: HTTP://WWW.CELL.COM/CURRENT-BIOLOGY/ABSTRACT/S0960-9822(13)01253-0

[traduction du résumé de l’étude]

La fragmentation du plastique en petits morceaux entraîne une augmentation du nombre de micro-plastiques par rapport aux plus gros débris. Quand il est ingéré par les animaux, le plastique devient un moyen de transfer pour les polluants et les additifs chimiques vers les tissus. Le lien entre la présence de polluants dans le tissus des animaux et la concentration de plastique ingéré est évident mais peu d’expériences ont étudié si les polluants et les additifs sont réellement transmis par le plastique. Des vers de sable ont été exposés à du sable contenant 5% de micro-plastiques contenant des polluants chimiques  (nonylphénol and phénanthrène) et contenant des additifs chimiques (du Triclosan, un antimicrobien, et du PBDE-47, un retardateur de flamme). Les micro-plastiques transfèrent les polluants et les additifs chimiques aux intestins des vers de sable, causant des troubles biologique. Le sable transmet encore plus de polluants dans leurs tissus. L’ingestion de nonylphénol issus du PVC ou du sable réduit de 60% la capacité des coelomocytes à éliminer les bactéries pathogènes . L’ingestion du Triclosan issu du PVC diminue la capacité des vers à traiter les sédiments et a causé une augmentation de leur mortalité de 55% alors que le PVC seul a rendu les vers plus sensibles au stress oxydant de 30%. Avec l’accélération de la contamination par les micro-plastiques, cette étude indique que celle-ci peu nuire aux fonctions écophysiologiques des organismes vivants.

Présence de micro-plastiques dans le système digestif de la sole et de l’éperlan dans la Tamise.

Source : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749116314816 – Presence of microplastic in the digestive tracts of European flounder, Platichthys flesus, and European smelt, Osmerus eperlanus, from the River Thames – 30 Sept. 2016 – Sciencedirect.

[Traduction du résumé de l’étude]

Points-clés :

  • Des fibres plastiques ont été retrouvées dans les poissons de la Tamise.
  • 75% des soles analysées ont ingéré des fibres plastiques.
  • La plupart des fibres retrouvées sont de couleur noire.
  • Les fibres ont été identifiées : acrylique, nylon, polyéthylène, PET et polyamides.

Résumé

Comme dans de nombreux bassins urbains, la Tamise à Londres est contaminée par le plastique. Ce polluant est présent sur les berges, sur le fond et dans la colonne d’eau.

La présente étude a été menée pour évaluer l’ampleur de l’ingestion de plastique par deux poissons de la Tamise : la sole européenne (Platichthys flesus) et l’éperlan européen (Osmerus eperlanus). Les individus ont été prélevés sur deux sites du Kent : à Erith  sur la Tamise et à l’Ile de Grain près de Sheerness dans l’estuaire.

Les résultats révèlent que des fibres plastiques ont été retrouvées dans 75% des intestins des soles prélevées pour seulement 20% dans ceux des éperlans. Cette différence peut être liée à leurs préférences alimentaires: les soles se nourrissent sur le fond alors que les éperlans sont des prédateurs pélagiques. Les fibres retrouvées sont principalement du polyamide rouge et noir et les autres fibres sont de l’acrylique, du nylon, du polyéthylène, et du PET, et aucune différence n’a été relevée entre les deux sites de prélèvement.

Ingestion de plastique par le corail

Source : Marine biology – Fév. 2015 – Microplastic ingestion by scleractinian corals – http://link.springer.com/article/10.1007/s00227-015-2619-7

Il est ici dévoilé pour la première fois l’ingestion de plastique par les coraux durs et la présence de micro-plastiques dans les eaux bordant la Grande Barrière de Corail australienne  (18°31′S 146°23′E). L’analyse de prélèvements de planctons de surface conduites à proximité de la Grande barrière de Corail a révélé la présence de microplastiques similaires à ceux utilisés dans les peintures marines et les équipements de pêche en faible concentration sur chaque site de prélèvement. Des tests d’alimentation expérimentaux ont révélé que le corail confond les micro-plastiques avec leurs proies et peuvent en ingérer jusqu’à 50 micro-grammes par cm2 et par heure, taux d’ingestion similaires à leur consommation de plancton et d’Artémia constatés lors d’expériences d’alimentation. Les micro-plastiques ingérés ont été retrouvés enveloppés dans les tissus mésentériques des tubes digestifs de coraux, suggérant qu’une forte concentration de micro-plastiques peut potentiellement détériorer la santé des coraux.

Le spécialiste de l’ingestion de plastique par les oiseaux marins réagit à l’étude américaine sur le DMS

Traduction de l’interview parue le 14 Novembre : https://resource.wur.nl/nl/wetenschap/show/Plastic-met-zeegeur-Onrealistisch.htm

Les Pétrels mangent du plastique parce qu’ils pensent que c’est de la nourriture. L’erreur serait due à un signal olfactif dégagé par une algue. Le biologiste Jan Andries van Franeker de l’Institut de Recherche Marine de Den Helder estime que ce n’est pas la seule raison. M. Franeker réagit aux recherches de l’université américaine UC Davis qui ont attiré l’attention internationale la semaine dernière. « Une belle théorie », dit-il, « mais peu étayée ». Ressource magasine lui a demandé pourquoi.

Les oiseaux marins ont un bon odorat ?

« Il y a de grandes différences entre les oiseaux marins au niveau de leur odorat. Les Pétrels appartiennent au groupe dont l’odorat est développé. Il utilise cette capacité pour trouver de la nourriture et retrouver l’emplacement de leur colonie dans le mauvais temps. Il n’y a aucun doute sur le fait que l’odorat joue un rôle dans leur vie. »

L’odeur peut donc jouer un rôle dans l’ingestion de plastique ?

« Ce n’est pas une mauvaise théorie. Les oiseaux utilisent leur odorat pour se nourrir, comme lorsqu’on les voit manger les déchets de cuisine jetés par les navires.  Les signaux olfactifs jouent un rôle dans la prise de nourriture pour certains oiseaux. Le problème avec cette étude, c’est que les auteurs n’apportent pas de preuve évidente sur le lien entre le plastique dans les océans et les signaux olfactifs. »

Et à propos de l’odeur dégagée par les algues qui se fixent au plastique ?

« Le signal olfactif DMS (le Sulfure de Diméthyle) apparait normalement quand le phytoplancton (une algue flottante) est mangé par le zooplancton. Certaines algues s’accrochent au plastique sous la forme d’un biofilm. Si le zooplancton vient brouter le biofilm alors le DMS se dégage et les oiseaux se font avoir. Les oiseaux mangent du zooplancton. »

Donc l’hypothèse pourrait être bonne ?

« En mer les signaux olfactifs interviennent dans la recherche de zones de nourriture mais il est peu probable que le DMS y joue un rôle important. Il faudrait pour cela qu’un signal olfactif suffisant soit généré quand le zooplancton est en train de brouter les algues. C’est une hypothèse tout à fait irréaliste. Les chercheurs n’ont fait que démontrer la présence du signal en laboratoire. »

Tout est faux alors ?

« Je pense que le DMS peut au mieux jouer un rôle indirect. Ce à quoi je suis fermement opposé, ce sont les recommandations ensuite faites par les chercheurs : ils recommandent l’utilisation de substances anti-fouling contre le développement des algues sur le plastique. C’est vraiment une idée complètement stupide : ils recommandent d’ajouter des substances toxiques dont les effets vont se propager avec le plastique dans les océans. Les effets de tels additifs seront bien pires que la supposée maladie. »

Les oiseaux marins ingèrent les déchets plastiques à cause de leur odeur.

 

Source : Sciences Advances – 9 Nov. 2016 – Marine plastic debris emits a keystone infochemical for olfactory foraging seabirds – http://advances.sciencemag.org/content/2/11/e1600395

[traduction du résumé de l’article]

Les déchets plastiques sont ingérés par des centaines d’espèces allant du zooplancton à la baleine, mais la raison pour laquelle une telle diversité d’organismes peut confondre le plastique avec la nourriture naturelle est inconnue. Les mécanismes sensoriels entraînant la détection et la consommation de plastique ont rarement été examinés dans le contexte des signaux sensoriels mis en jeux dans le chaîne alimentaire marine. Il est ici expérimentalement démontré que les micro-plastiques ayant « mariné dans l’eau de mer » produisent du sulfure de diméthyle (DMS), une signature clé pour les interactions trophiques naturelles. Il est aussi démontré une relation positive entre la réactivité au DMS et la fréquence d’ingestion de plastique en utilisant des oiseaux marins procellaires comme modèle de groupe taxonomique. Ces résultats suggèrent que les déchets en plastique émettent l’odeur d’une information chimique marine, créant ainsi un piège olfactif pour les animaux marins.

Lire l’étude complète en anglais sur le site Science Advances. Lire l’article du journal Le Monde.

Lire la réaction du Dr. Franeker parue le 14 Novembre – spécialiste hollandais de l’ingestion de plastique par les oiseaux marins.