4,8 millon de Légos perdus au large des îles britaniques en février 1997

L’histoire a déjà 19 ans et pourtant elle est toujours d’actualité. A l’origine c’est un accident maritime. Le 13 février 1997, aux large des îles britanniques, tandis qu’il suit sa route vers New-York, le porte-conteneurs Tokyo-Express doit essuyer une vague décrite par son capitaine comme étant « un phénomène se produisant tous les cent ans » qui fera incliner son navire à 60° dans un sens, puis 40° en arrière. Bilan : les 62 conteneurs qu’il transportait passent par-dessus bord à 32 kilomètres des côtes. Dans l’un d’eux, un trésor. 4,8 millions de Lego, et ironie du sort, ces Lego sont issus d’une série axée sur le thème de la mer.
Lire l’article complet sur le site Doctissimo.

Qualité de l’eau et contamination dans l’estuaire de la Seine

GIP Seine Aval – Problématique des macrodéchets dans la Seine.

http://www.seine-aval.fr/wp-content/uploads/2017/01/Macrodechets.pdf

Diverses campagnes de prospection ont permis de documenter la présence de sites d’accumulation de macrodéchets en bord de Seine. En 2011, 74 sites de dépôts ont ainsi été dénombrés entre Poses et Tancarville. Ces opérations de nettoyage ont permis d’évacuer et éliminer des volumes importants de déchets, constitués de divers matériaux aux origines naturelles (bois mort…) ou anthropiques (plastique, métal, verre, tissu…). Cependant, ce nettoyage ne permet d’éliminer qu’une fraction des déchets véhiculés par la Seine, une part importante se retrouvant en mer.

1982 – Pollution du littoral français par les macro-déchets

Archive Archimer Ifremer 28670 – 1982 – Evaluation de la pollution et mise en place de calculs de statistiques. Le document au format pdf.

Les macro-déchets accumulés sur les plages constituent, sans nul doute, une nuisance esthétique dont l’impact au niveau touristique peut être important. De plus ils peuvent être un danger pour les usagers (piqûres, coupures, intoxications) ainsi qu’un danger pour des espêces marines (thons et tortues morts pour avoir ingurgitê du plastique) et les oiseaux (mazout) .

A ces nuisances, on ajoutera le développement possible d’odeurs et la prolifération d’insectes et l’apparition de salissures (goudrons). Or, on ignore généralement le niveau de pollution chronique par macrodéchets et  les variations de ce niveau avec le temps. De plus, la caractérisation des dêchets (type et nature) ne parait pas exister.  Enfin, l’origine géographique de ces déchets est très souvent controversée.

Depuis quelques années, avec le développement important du conditionnement, qu’il soit alimentaire ou autre, à base de matière plastique, cette pollution devient de plus en plus apparente et prend des proportions alarmantes.

Les administrations ou communes littorales se voient obligées de dépenser d’énormes sommes d’argent pour le nettoyage de leurs plages avant et pendant la saison touristique. Par exemple (Source MECV-ANRED, 1978) :

  • le département du Var a dépensé 5 millions de Francs pour nettoyer 11 km de plage,
  • le département des Alpes Maritimes: 3 millions de Francs pour 4 km,
  • la commune de Biarritz, 616.000 Francs, etc…

Or, le problème du macrodéchet est un problème de société dû à la négligence et aux habitudes prises, particulièrement en mer oû depuis tout temps on déverse par-dessus bord ses déchets.

Les buts de la présente étude sont:

1. De mettre au point une méthode qui permette l’étude quantitative et qualitative (nature, origine) des déchets souillant les plages du littoral français.

2. D’appliquer cette méthode sur un nombre de sites déterminés afin de tester la fiabilité de la méthode et d’établir un état de référence de la pollution par macrodéchets des sites retenus.

3. D’étudier l’extrapolation possible de la méthode à la mise en place d’un suivi éventuel sur des points particuliers (notion de réseau de surveillance).

Après une description des sites, nous développerons la méthodologie employée et discuterons des résultats obtenus.

Manche Est – Métaux lourds, métaloïdes et autres substances dangereuses dans les déchets plastiques.

Des plastiques, de la mousse et des cordages collectés sur cinq plages du Sud-Ouest de l’Angleterre ont été analysés au spectromètre pour détecter la présences de plusieurs éléments dangereux. De fortes concentrations de Chlore et de Brome ont été relevées et attribuées à la présence de retardateurs de flamme. Concernant les métaux lourds et les métaloïdes, le Cadmium et le Plomb sont très préoccupants pour l’environnement. Des concentrations de Plomb atteignant 17,5 mg/g ont été mesurées et sont dues à son utilisation historique comme stabilisateurs, colorants et catalyseurs dans l’industrie du plastique. Le Cadmium, utilisé comme stabilisateur et comme colorant dans de nombreux produits, a été détecté dans les plastiques à des concentrations dépassant 1 mg/g .

22 Juil. 2016 : Heavy metals, metalloids and other hazardous elements in marine plastic litter – http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0025326X16305665

  • Plastics, foams and ropes were collected from five beaches in SW England
  • Samples were analysed by field-portable-XRF for various hazardous elements
  • Occurrence of Br and Cl in many foams are attributed to the presence of flame retardants
  • Cd and Pb are the heavy metals of most concern
  • Concentrations of Pb up to 17,500 μg g− 1 were found in plastics and foams
  • Concentrations of Cd exceeding 1000 μg g− 1 were encountered in some plastics

Manche – Sur 504 poissons examinés : plus d’un poisson sur trois a ingéré du plastique

Les micro-plastiques sont omniprésents dans les milieux marins du monde entier. Les études en laboratoire montrent qu’ils peuvent être ingérés par les poissons mais les données sur l’abondance de ces ingestions au sein des populations naturelles restent limitées. Cette étude sur l’ingestion de micro-plastiques par les poissons concerne 10 des espèces présentes dans la Manche. Elle fait état de la présence de plastique dans 36,5% des systèmes digestifs des 504 poissons examinés.  Du plastique a été retrouvé dans chacune des 5 espèces pélagiques [vivant en eaux libres] et dans chacune des 5 espèces démersales [vivant sur le fond]. Sur les 184 poissons contenant du plastique, le nombre moyen de morceaux de plastique observés est de 1,90 ± 0,10. Au total, 351 morceaux de plastique ont été identifiés au spectromètre infrarouge. Les matériaux les plus représenté sont le nylon à hauteur de 35.6%  [filets de pêche entre autres] et les textiles synthétiques à hauteur de 57.8%. Aucune différence significative n’a été constatée dans les quantités de plastique ingéré entre les espèces pélagiques et les espèces démersales. Il est donc démontré, à travers un petit nombre d’espèces analysées, que l’ingestion de plastique par les poissons est généralisée et indépendante de le zone d’alimentation. Des études complémentaires sont nécessaires pour en établir les conséquences.

Source : « Occurrence of microplastics in the gastrointestinal tract of pelagic and demersal fish from the English Channel » – Science direct – 26 Déc. 2012 – http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0025326X12005668

Lire l’étude complète sur le site research gate.

A lire aussi : The Guardian le 24 Janv. 2013 : One-third of fish caught in Channel have plastic contamination, study shows. https://www.theguardian.com/environment/2013/jan/24/fish-channel-plastic-contamination

 

Ingestion de plastique par le Fulmar boréal en Manche et en Mer du Nord

L’abondance de plastique dans l’estomac du Fulmar Boréal en mer du nord  fait partie des objectifs de qualité écologique des eaux pour les déchets marins. Les objectifs préliminaires définissent que le bon état écologique est acceptable si moins 0,1 g de plastique est retrouvé dans moins de de 10% des Fulmars. Entre 2003 et 2007, 95% des 1295 Fulmars examinés en Mer du Nord avaient du plastique dans leur estomac avec une moyenne de 35 morceaux pour un poids moyen de 0,31 g. Le niveau critique de 0,1 g était dépassé par 58% des oiseaux avec des variations régionnales allant de 48 à 78%. Depuis les années 1980 les données indiquent une diminution du plastique industriel mais une hausse du plastique commun avec la pêche et les navires comme principale source. Cet indicateur du bon état écologique est maintenant aussi utilisé par la directive cadre stratégie européenne pour le milieu marin.

Points clés

  • L’évolution de la pollution par les déchets marins peut être surveillée à travers l’analyse des estomacs des oiseaux marins.
  • En Mer du Nord 95% des fulmars ont du plastique dans l’estomac (35 particules; 0,31g)
  • Les objectifs sont de retrouver moins de 10% de fulmars ayant plus de 0,1 g de plastique dans l’estomac.
  • Aujourd’hui 58% des Fulmars de Mer du Nord dépassent la limite critique de 0,1 g.
  • Pendant les 30 dernières années le plastique à usage industriel a diminué mais le plastique à usage commun a augmenté.

Source : « Monitoring plastic ingestion by the northern fulmar Fulmaris glacialis in the North Sea » – Science Direct – 6 Juill. 2011 – http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749111003344

Lire l’article complet ici .

Présence de micro-plastiques dans le système digestif de la sole et de l’éperlan dans la Tamise.

Source : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749116314816 – Presence of microplastic in the digestive tracts of European flounder, Platichthys flesus, and European smelt, Osmerus eperlanus, from the River Thames – 30 Sept. 2016 – Sciencedirect.

[Traduction du résumé de l’étude]

Points-clés :

  • Des fibres plastiques ont été retrouvées dans les poissons de la Tamise.
  • 75% des soles analysées ont ingéré des fibres plastiques.
  • La plupart des fibres retrouvées sont de couleur noire.
  • Les fibres ont été identifiées : acrylique, nylon, polyéthylène, PET et polyamides.

Résumé

Comme dans de nombreux bassins urbains, la Tamise à Londres est contaminée par le plastique. Ce polluant est présent sur les berges, sur le fond et dans la colonne d’eau.

La présente étude a été menée pour évaluer l’ampleur de l’ingestion de plastique par deux poissons de la Tamise : la sole européenne (Platichthys flesus) et l’éperlan européen (Osmerus eperlanus). Les individus ont été prélevés sur deux sites du Kent : à Erith  sur la Tamise et à l’Ile de Grain près de Sheerness dans l’estuaire.

Les résultats révèlent que des fibres plastiques ont été retrouvées dans 75% des intestins des soles prélevées pour seulement 20% dans ceux des éperlans. Cette différence peut être liée à leurs préférences alimentaires: les soles se nourrissent sur le fond alors que les éperlans sont des prédateurs pélagiques. Les fibres retrouvées sont principalement du polyamide rouge et noir et les autres fibres sont de l’acrylique, du nylon, du polyéthylène, et du PET, et aucune différence n’a été relevée entre les deux sites de prélèvement.