Terrains synthétiques : des millers de tonnes de granules de caoutchouc perdus tous les ans !

Source : kimointernational.org – Le 27 Février 2017 –  Microplastic Pollution from Artificial Grass – A Field Guide.

Les terrains de jeux et de sport en pelouse synthétique sont de plus en plus répandus, notamment dans le domaine du football. Ils sont constitués d’un tapis de fibres synthétiques étendu sur un lit de sable. Un lit des granules de caoutchouc peut être intercalé pour améliorer la qualité des terrains. 90% de ces granules de caoutchouc sont issus du recyclage de pneus. Ils contiennent suffisamment de produits chimiques toxiques et cancérigènes pour envisager une réglementation concernant les aires de jeux destinées aux enfants.

En Europe du Nord, selon les pays, les pertes de granules pendant l’utilisation des terrains de football entraînent des rechargements annuels de l’ordre de 500 à 1900 tonnes.

Source : http://www.kimointernational.org

Sources de pertes et conséquences:

  • Les granules et les micro-plastiques qu’ils produisent pendant l’usage se répandent dans l’atmosphère et se disséminent autour des terrains.
  • En extérieur, ces granules perdus entrent dans le système de collecte des eaux de pluie et sont disséminés par le vent.
  • En intérieur, ils peuvent entrer dans le système de collecte des eaux usées pendant le nettoyage des salles de sport.
  • Les granules et les micro-plastiques sont emportés par les usagers via leurs vêtements, chaussures et sacs de sport et ils peuvent entrer dans le système de collecte des eaux usées pendant leur nettoyage.

En Suède, il est estimé que la quantité annuelle de caoutchouc entrant dans le milieu marin et les cours d’eau et de 70 kg par terrain de football synthétique. Cette valeur peut être supérieure dans les pays où le traitement des eaux est moins exigeant.

De nombreuses solutions existent pour limiter la dissémination de ces micro-plastiques dans les milieux aquatiques:

  • Promouvoir les terrains naturels à travers des financements sélectifs.
  • Promouvoir les terrains synthétiques en intérieur.
  • Améliorer la conception des terrains pour limiter les pertes.
  • Améliorer le stockage des granules pour éviter les pertes accidentelles.
  • Utiliser des machines de nettoyage permettant la récupération des granules en vue de leur réutilisation.
  • Stocker la neige évacuée des terrains sur une bâche en vue d’utiliser les granules qu’elle contient lors de la saison suivante.
  • Les granules usagés doivent être considérés comme des déchets toxiques. Les aménagements doivent être prévus pour un nettoyage, un stockage et un enlèvement sans danger. La négociation d’un enlèvement des déchets par le fournisseur peut être envisagée.
  • Ne pas utiliser de granules de caoutchouc. Prendre en considération les solutions alternatives (EPDM, matériaux naturels, …)
  • Eviter que l’eau de pluie tombant sur les terrains soit déversée dans les réseaux sans un traitement préliminaire.  Si possible, le système de collecte des eaux doit être équipé d’un bassin de rétention pour éviter le débordement du système de traitement des eaux de pluie du terrain.
  • Encourager l’investissement dans l’amélioration des techniques de traitement des eaux usées au niveau des stations d’épuration.

Les terrains de jeux synthétiques sont faits pour durer. Une meilleure gestion permettra de réduire leur impact sur l’environnement.

Lire l’article complet en anglais sur le site de la Kimo : http://www.kimointernational.org/news/microplastic-pollution-from-artificial-grass-a-field-guide/

 

Opération Déchets Côtiers 2016 sur l’arc atlantique – Expédition MED

Ce rapport qui s’inscrit dans une  démarche de collaboration citoyenne, provient d’une campagne de collecte participative réalisée en 2016 sur 16 plages de l’arc atlantique. Il rassemble les données de catégorisation de 144.997 déchets côtiers triés, catégorisés et quantifiés un par un, par une équipe de jeunes scientifiques, volontaires en Service Civique chez Expédition MED. Lire le rapport complet sur le site d’Expédition Méditerranée En Danger.

 

Marcus Eriksen de 5 Gyres corrige le tir sur les continents de plastique qu’il compare au fameux SMOG anglais.

A lire dans l’article paru sur le site d’Outside : The Crowdfunded Conservationist Who Wants to Save the World. Has a young Dutchman found the solution to all that plastic in our oceans?

Le problème a été décrit de manière imprécise, en partie à cause d’organisations comme Ocean Cleanup. Ce n’est ni une plaque, ni une soupe de plastique. C’est un brouillard de pollution. Et comme pour la pollution atmosphérique, nettoyer ce brouillard de pollution plastique n’est pas une solution viable. Les financements et les efforts devraient aller dans le sens des décisions politiques au lieu d’être investis dans des innovations utopiques. « Quand le Clean Air Act est entré en vigueur, il a mis en place des standards élevés de contrôle des rejets atmosphériques. Les véhicules consommant le plus ont quitté les routes, les centrales à charbons ont été mises aux normes, les sociétés ont innové. Personne n’a dit : « nous n’avons qu’à aspirer le carbone qui se trouve dans l’atmosphère ».

4,8 millon de Légos perdus au large des îles britaniques en février 1997

L’histoire a déjà 19 ans et pourtant elle est toujours d’actualité. A l’origine c’est un accident maritime. Le 13 février 1997, aux large des îles britanniques, tandis qu’il suit sa route vers New-York, le porte-conteneurs Tokyo-Express doit essuyer une vague décrite par son capitaine comme étant « un phénomène se produisant tous les cent ans » qui fera incliner son navire à 60° dans un sens, puis 40° en arrière. Bilan : les 62 conteneurs qu’il transportait passent par-dessus bord à 32 kilomètres des côtes. Dans l’un d’eux, un trésor. 4,8 millions de Lego, et ironie du sort, ces Lego sont issus d’une série axée sur le thème de la mer.
Lire l’article complet sur le site Doctissimo.

« Un océan de déchets salés » par Expédition MED

Invitée au 32ème Salon National de la Conchyliculture et des Cultures Marines de Vannes Expédition MED a présenté les premiers résultats de son opération « Déchets salés ». Les premiers résultats montrent que le plastique fait systématiquement un score de plus de 90%, et que les activités marines y prennent une part très variable (entre 10 et 70%). La conchyliculture semble une source minoritaire face à la pêche ou la plaisance, mais reste cependant largement significative. Lire l’article sur le site d’Expédition Méditerrnanée en Danger.

Le cas Boyan Slat et l’ocean clean up projet

  • METRO : Quelques problèmes avec l’histoire du jeune qui va «nettoyer les océans»

 Ce qu’on oublie souvent de mentionner, c’est que des gens très qualifiés doutent sérieusement que son système aura un véritable impact sur le plastique marin. Pire, des doutes assez crédibles ont été émis quant à la technologie elle-même. Lire l’article sur le site Metro paru le 2 Juin 2015.

  • RUE 89 : Boyan Slat et sa machine à nettoyer les océans : faut pas rêver

Quant aux plastiques récupérés, que Slat dit pouvoir recycler, François Galgani, de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) les décrit comme sans valeur et difficilement recyclables, puisqu’ils sont issus de plastiques eux-mêmes érodés. Lire l’article sur le site Rue89 paru le 19 Juin 2015.

  • CHRIS CLARKE : Six raisons pour lesquelles le gadget de l’Ocean Cleanup est une très mauvaise idée.

« L’équipe derrière ce projet, The Ocean Cleanup (le Nettoyage de l’Océan) prétend que leur barrage flottant sera capable de débarrasser les océans de la pollution du plastique comme celle qui constitue le continent de plastique dans le Pacifique, avec un coût et un effort minimum, sans poser de risque pour la faune, et ce en quelques années. Mais depuis que le jeune inventeur Boyan Slat a commencé, à l’âge de 18 ans, à attirer l’attention sur son idée, les biologistes marins et les océanographes s’arrachent les cheveux au sujet de la popularité médiatique du Ocean Cleanup. » Lire l’article en anglais  paru le 04 Juin 2015. Lire la traduction de l’article.

  • E-RSE : Lutter contre le plastique pour sauver les océans : cette solution miracle qui n’existe pas. 

À toutes ces questions, Ocean Cleanup n’a jamais pu répondre, à travers aucun des documents que la fondation a publiés. Le test de son prototype et le silence qui suit son échec vient confirmer ce que beaucoup présageaient : ce projet de ramassage des déchets plastiques n’est qu’une vaste opération de communication très bien menée, qui a permis à Boyan Slat de monter sa fondation avec l’argent du crowfunding originel (2,2 millions d’euros quand même). Lire l’article sur le site E-RSE.

DEAP-SEA NEWS : What did the Boyan Slat and the Ocean Cleanup do last summer?

Durant les essais menés cet été, le projet Ocean Clean-up à 2,2 millons d’Euros n’aura collecté AUCUN déchet ! Lire l’article complet en anglais mais imagé paru le 3 Janvier 2017 sur le Site  Dea-Sea News.

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Qualité de l’eau et contamination dans l’estuaire de la Seine

GIP Seine Aval – Problématique des macrodéchets dans la Seine.

http://www.seine-aval.fr/wp-content/uploads/2017/01/Macrodechets.pdf

Diverses campagnes de prospection ont permis de documenter la présence de sites d’accumulation de macrodéchets en bord de Seine. En 2011, 74 sites de dépôts ont ainsi été dénombrés entre Poses et Tancarville. Ces opérations de nettoyage ont permis d’évacuer et éliminer des volumes importants de déchets, constitués de divers matériaux aux origines naturelles (bois mort…) ou anthropiques (plastique, métal, verre, tissu…). Cependant, ce nettoyage ne permet d’éliminer qu’une fraction des déchets véhiculés par la Seine, une part importante se retrouvant en mer.

Observation des déchets flottants en mer de Barents et dans le détroit de Fram.

Source : Observations of floating anthropogenic litter in the Barents Sea and Fram Strait, Arctic. http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00300-015-1795-8

[abstract]

Although recent reports indicate that anthropogenic waste has made it to the remotest parts of our oceans, there is still only limited information about its spread, especially in polar seas. Here, we present litter densities recorded during ship- and helicopter-based observer surveys in the Barents Sea and Fram Strait (Arctic). Thirty-one items were recorded in total, 23 from helicopter and eight from research vessel transects. Litter quantities ranged between 0 and 0.216 items km−1 with a mean of 0.001 (±SEM 0.005) items km−1. All of the floating objects observed were plastic items. Litter densities were slightly higher in the Fram Strait (0.006 items km−1) compared with the Barents Sea (0.004 items km−1). More litter was recorded during helicopter-based surveys than during ship-based surveys (0.006 and 0.004 items km−1, respectively). When comparing with the few available data with the same unit (items km−1transect), the densities found herein are slightly higher than those from Antarctica but substantially lower than those from temperate waters. However, since anthropogenic activities in the Fram Strait are expanding because of sea ice shrinkage, and since currents from the North Atlantic carry a continuous supply of litter to the north, this problem is likely to worsen in years to come unless serious mitigating actions are taken to reduce the amounts of litter entering the oceans.

L’article complet est disponible sur le site springer.

1982 – Pollution du littoral français par les macro-déchets

Archive Archimer Ifremer 28670 – 1982 – Evaluation de la pollution et mise en place de calculs de statistiques. Le document au format pdf.

Les macro-déchets accumulés sur les plages constituent, sans nul doute, une nuisance esthétique dont l’impact au niveau touristique peut être important. De plus ils peuvent être un danger pour les usagers (piqûres, coupures, intoxications) ainsi qu’un danger pour des espêces marines (thons et tortues morts pour avoir ingurgitê du plastique) et les oiseaux (mazout) .

A ces nuisances, on ajoutera le développement possible d’odeurs et la prolifération d’insectes et l’apparition de salissures (goudrons). Or, on ignore généralement le niveau de pollution chronique par macrodéchets et  les variations de ce niveau avec le temps. De plus, la caractérisation des dêchets (type et nature) ne parait pas exister.  Enfin, l’origine géographique de ces déchets est très souvent controversée.

Depuis quelques années, avec le développement important du conditionnement, qu’il soit alimentaire ou autre, à base de matière plastique, cette pollution devient de plus en plus apparente et prend des proportions alarmantes.

Les administrations ou communes littorales se voient obligées de dépenser d’énormes sommes d’argent pour le nettoyage de leurs plages avant et pendant la saison touristique. Par exemple (Source MECV-ANRED, 1978) :

  • le département du Var a dépensé 5 millions de Francs pour nettoyer 11 km de plage,
  • le département des Alpes Maritimes: 3 millions de Francs pour 4 km,
  • la commune de Biarritz, 616.000 Francs, etc…

Or, le problème du macrodéchet est un problème de société dû à la négligence et aux habitudes prises, particulièrement en mer oû depuis tout temps on déverse par-dessus bord ses déchets.

Les buts de la présente étude sont:

1. De mettre au point une méthode qui permette l’étude quantitative et qualitative (nature, origine) des déchets souillant les plages du littoral français.

2. D’appliquer cette méthode sur un nombre de sites déterminés afin de tester la fiabilité de la méthode et d’établir un état de référence de la pollution par macrodéchets des sites retenus.

3. D’étudier l’extrapolation possible de la méthode à la mise en place d’un suivi éventuel sur des points particuliers (notion de réseau de surveillance).

Après une description des sites, nous développerons la méthodologie employée et discuterons des résultats obtenus.

Le réchauffement climatique entraine le relarguage de micro-plastiques emprisonnés dans les glaces de l’Arctique.

Source : 20 Juin 2014 – AGU Publications : Global warming releases microplastic legacy frozen in Arctic Sea ice.

http://onlinelibrary.wiley.com/store/10.1002/2014EF000240/asset/eft235.pdf

When sea ice forms it scavenges and concentrates particulates from the water column, which then become trapped until the ice melts. In recent years, melting has led to record lows in Arctic Sea ice extent, the most recent in September 2012. Global climate models, such as that of Gregory et al. (2002), suggest that the decline in Arctic Sea ice volume (3.4% per decade) will actually exceed the decline in sea ice extent, something that Laxon et al. (2013) have shown supported by satellite data. The extent to which melting ice could release anthropogenic particulates back to the open ocean has not yet been examined. Here we show that Arctic Sea ice from remote locations contains concentrations of microplastics are several orders of magnitude greater than those that have been previously reported in highly contaminated surface waters, such as those of the Pacific Gyre. Our findings indicate that microplastics have accumulated far from population centers and that polar sea ice represents a major historic global sink of manmade particulates. The potential for substantial quantities of legacy microplastic contamination to be released to the ocean as the ice melts therefore needs to be evaluated, as do the physical and toxico- logical effects of plastics on marine life.