Echouage de paraffine industrielle en Mer du Nord.

Un nouvel échouage de paraffine industrielle a été constaté par Sea-Mer Asso sur la plage de Zuydcoote ce mercredi 6 juin 2018 vers onze heures du matin.

Après avoir observé ces galettes sur la plage de Zuydcoote, un comptage effectué sur un linéaire de 100 mètres le long de la laisse de mer a permis de dénombrer 108 galettes de tailles variant de quelques centimètres à une trentaine de centimètres. Ces galettes se trouvaient dans la laisse de mer issue de la dernière marée haute. Cet indice et leur forme encore finement ciselée malgré leur grande friabilité témoignent d’un échouage très récent.

Nous avons immédiatement averti le Centre Régional Opérationnel du Surveillance et de Sauvetage en mer de Jobourg par téléphone.  Les Pompiers puis la Gendarmerie sont arrivés quelques minutes plus tard pour venir constater l’échouage et prendre des échantillons pour analyse.

Un échouage qui s’étend de Sangatte à la Belgique.

Des galettes ont été observées sur la plage de La Panne située en Belgique plus à l’Est et sur la plage de Malo plus à l’Ouest. Des Galettes ont également été observées sur la plage de Sangatte à environ 50 kilomètres plus à l’Est et le CROSS Jobourg en a également été averti aussi tôt.

Nous saluons l’excellente réactivité des Pompiers, de la Gendarmerie et des communes touchées qui ont immédiatement réagit. Les opérations de nettoyage des plages ont débuté aussitôt, limitant ainsi la fragmentation causées par le piétinement des usagers des plages et limitant aussi le risque de remobilisation en mer par les marées suivantes.

Nettoyages des plages aux frais des collectivités…

Le littoral touché par cet échouage entre Sangatte et la frontière belge est composé de plages touristiques et de zones à forts enjeux environnementaux. Comme indiqué dans notre rapport d’octobre 2017il est impossible de connaître immédiatement la composition exacte de ce produit, et donc de déterminer son niveau de toxicité dans des délais suffisants. Les collectivités sont donc contraintes de procéder au nettoyage de leurs plages, à leur frais, et de financer l’élimination de ce déchet industriel qui peut s’avérer coûteuse : nous ne pouvons pas laisser les enfants jouer dans le sable alors que le produit est irritant pour la peau et nous ne pouvons pas laisser ce produit se fragmenter dans le sable et polluer les zones naturelles.

Nous espérons que les quantités ramassées seront pesées, que nous connaîtrons la masse totale de paraffine échouée et que le coût global des opérations de nettoyage sera calculé. C’est le seul moyen de montrer l’impact économique de ces rejets en mer et de les faire cesser.  Nous invitons les communes touchées à porter plainte : ce type de pollution est un délit !

Des échouages qui se répètent sur la Côte d’Opale depuis août 2016 !

C’est le sixième échouage important que connaît la Côte d’Opale en moins de deux ans. Les rejets en mer des résidus issus du nettoyage des cuves des navires transportant ce type de produit sont en train de faire l’objet de restrictions réglementaires plus fortes de la part de l’Organisation Maritime Internationale.

A la veille de ces restrictions et de la saison touristique, nous ne comprenons pas l’attitude désinvolte des transporteurs maritimes spécialisés vis à vis de l’économie locale liée au tourisme et à l’exploitation des ressources vivantes du milieu marin, vis à vis du milieu marin en lui-même, et vis à vis des réglementations internationales. Comme nous l’avons déjà dit, les problèmes techniques et les contraintes commerciales qui poussent les capitaines de navires à effectuer de tels rejets en mer doivent être identifiés et résolus dans les plus brefs délais !

Dix jours auparavant, à La Panne en Belgique…

Le 27 Mai 2018, les coureurs de grève belges signalaient un échouage de fragments de paraffine sur la plage de La Panne. Il ne s’agissait pas de quelques fragments, mais de plusieurs millions de minuscules fragments…

Quelle surveillance sur le littoral aujourd’hui ?

La rapide détection de ce genre d’échouage est primordiale pour pouvoir retrouver le navire pollueur. Nous rappelons que de nombreuses personnes travaillent quotidiennement à proximité ou sur les plages : employés des services municipaux, maîtres nageurs-sauveteurs, restaurateurs, marchands de glaces, etc … Toutes ces personnes pourraient pallier au manque de moyens disponibles pour la surveillance du littoral s’ils pouvaient bénéficier d’un temps de sensibilisation et de formation à la connaissance de la laisse de mer et à la reconnaissance des échouages naturels ou anormaux.

Réduction des déchets marins ?

Alors que les déchets marins et les microplastiques font aujourd’hui la une des médias, que l’ONU semble déjà baisser les bras face à l’ampleur des dégâts et que l’Europe envisage d’interdire les objets en plastique à usage unique les plus courants, nous oublions que le monde industriel et les activités économiques sont responsable d’une énorme partie de la pollution maritime : granules de plastiques industriels, paraffines industrielles, biobeads, média filtrants, déchets issus de pertes de conteneurs en mer, déchets issus du ramandage des filets de pêche et déchets ménager disséminés à cause un système de collecte des ordures insuffisamment  efficace sont prépondérants sur le littoral, à l’image des déchets présents dans le milieu marin…

Nous souhaitons que de réelles mesures soient mises en oeuvre pour que notre monde industriel et nos activités économiques ne soient plus responsables de la pollution du milieu marin.

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